Arrivée à Tokyo et à « TUFS »

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Après une escorte sans encombres sur la flotte allemande (qui ne sert pas de la nourriture de son pays, Dieu merci, mais un délicieux repas japonais), me voilà arrivée à l’aéroport de Narita, avec ma valise rose bonbon de 22,9 kg, mon bagage cabine de 7 kg, mon bagage à main, mon air hagard et mes yeux exorbités de fatigue de d’émerveillement. Si je prends la peine de mentionner le poids de mes bagages, ce n’est non pas par amour des chiffres (l’avion m’aurait alors retourné la cervelle), mais parce qu’il m’a fallu me trimballer tout ce beau monde dans le métro, où il n’y a pas d’ascenseur… Une grand-mère m’a gentiment proposé son aide, mais comme je n’avais pas le cœur à la tuer d’une attaque cardiaque, j’ai refusé aussi poliment que j’ai pu. Car oui, la politesse japonaise fait partie de mes grandes appréhensions, mais j’y reviendrai plus tard. Bref, je pris un bus jusqu’à Shinjuku, puis un premier métro, puis un deuxième, et un miracle se produisit alors : je rencontrai par hasard Claire, l’autre Française de Sciences Po avec moi. On a eu le malheur de demander quel métro prendre à une employée, qui lui a pris son billet et m’a fait payé un complément de mon ticket (du moins, c’est ce que j’ai compris, mais il est aussi probable qu’elle soit à la tête d’une mafia spécialisée dans le racket d’étudiants étrangers totalement paumés)… Mais, au moins, nous étions désormais deux dans la galère !

Galère qui ne faisait que commencer… Non, j’exagère. On est quand même bien arrivées à l’université et dans nos chambres respectives… pour nous apercevoir que ces dernières ne contenaient absolument rien : pas une casserole, pas une petite cuillère, pas de papier toilette (rassurez-vous, je suis ensuite allée réclamer mon « rouleau de bienvenue »)… Et surtout : pas de wifi. Stupeur et tremblements, comme dirait une auteure bien connue : comment vais-je pouvoir étudier, faire des recherches, préparer mes exposés et mes dissertations ? (Plus sérieusement, comment vais-je pouvoir Skyper un peu et glander beaucoup?). Heureusement, ce n’est pas le désert technologique non plus, il y a du wifi dans la « multi-purposes room » (que je squatte comme une gitane en m’asseyant devant la porte car elle est fermée aujourd’hui), et dès que j’aurais trouvé un adaptateur câble Lan-USB, j’aurais internet dans ma chambre et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais à part le problème wifi, c’est plus ou moins déjà le cas : ma résidence est flambant neuve (construite en avril 2013), les parties communes sont impeccables, j’ai ma propre salle de bains dans ma chambre, ainsi qu’un chouette bureau, un chouette balcon et une chouette kitchenette toute équipée (enfin, il y a une plaque et un frigo, quoi). En revanche, comme je l’ai dit plus haut, il n’y a rien d’autre, ce qui veut dire que je croise les doigts pour que le grand bazar de la semaine prochaine soit une caverne d’Alibaba où je trouverai une bouilloire, de la vaisselle, et un rice-cooker si Dieu le veut (oui, un rice-cooker est si important que ça –vous n’avez qu’à devenir asiatique et vous comprendrez pourquoi). Le campus est assez grand, il compte trois résidences et une dizaine de bâtiments environ. Quant à son emplacement, disons qu’il est un peu comme l’intérieur des chambres, il n’y a pas grand chose : trois « konbini » (de l’anglais convenient store, ces petits supermarchés géniaux ouverts 24h/24 où l’on trouve à peu près tout), quelques petits restaurants, et quelques commerces divers. A proximité directe, on trouve un cimetière géant (sérieusement, sur le plan on aurait dit une énorme tâche verte de la taille de l’Oise) et plein d’installations sportives. On est loin de la démesure de Shibuya et de Shinjuku, mais au moins on est au calme (sauf si les morts du cimetière font la java la nuit, mais j’ai rien entendu pour l’instant). Voilà donc l’endroit où j’ai posé mes valises pour un an :)

Aujourd’hui, j’ai fait la connaissance de ma « tutrice », Ayami, qui est un peu plus jeune que moi et étudie le français depuis un an. Non seulement elle se débrouille très bien dans la langue de Molière, mais en plus elle a été à mon égard d’une extrême gentillesse en nous amenant, Claire et moi, faire les courses dans un department store situé à deux stations d’ici. Durant près de deux heures, nous avons déambulé dans tous les rayons, lui demandant « c’est quoi ? c’est bon ? c’est quoi le moins cher ? » à peu près tous les vingt mètres. Sans elle, nous n’aurions jamais pu acheter de la lessive, du liquide vaisselle, du nettoyant et du savon sans les confondre entre eux (sans parler des aliments bizarres, comme les patates-carottes précuites qui ressemblent à des coquilles St-Jacques). Heureusement qu’elle a dû nous quitter pour aller à son travail (dans un restaurant italien), car j’aurais été vraiment gênée de lui monopoliser tout son après-midi, surtout qu’elle nous amène demain à la mairie, à la banque et à la boutique de téléphone portables…

Nous sommes donc encore loin d’avoir fini notre installation, mais on s’en sort plutôt bien pour l’instant ! Reste plus qu’une bouilloire pour le café du matin, un rice-cooker (ou casserole/passoire) pour mon riz quotidien, internet dans ma chambre, et à nous Tokyo !

ヾ(*⌒ヮ⌒*)ゞ

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