Un samedi à Shinjuku

Pour ma traditionnelle exploration du week-end, j’avais prévu d’aller au Ikebukuro Life Safety Learning Center pour expérimenter un séisme de magnitude 7, mais la météo désastreuse m’a malheureusement fait revoir mes projets… Après être arrivée à Shinjuku, j’ai donc commencé à marcher vers Ikebukuro (non sans avoir erré pendant une vingtaine de minutes autour de la station pour trouver la bonne route qui allait vers le Nord), jusqu’à que la pluie ne me force à rebrousser chemin au niveau de l’université de Waseda. Pour la énième fois depuis que je suis au Japon, je me suis retrouvée trempée jusqu’aux os après avoir volontairement laissé mon parapluie chez moi en pensant naïvement que, si pluie il y avait, elle finirait toujours par s’arrêter un moment ou un autre… Et bien non, au Japon, la pluie ne s’arrête jamais. Ou alors il y a vraiment un être pernicieux et satanique au-dessus des nuages, qui s’empresse de vider ces derniers de leur eau dès que j’ai le malheur de sortir sans parapluie… Bref, j’ai donc dû me réfugier dans une station de métro, dont j’ai chopé le wi-fi gratuit pour glander sur mon portable en attendant (en vain) que la pluie ne s’arrête… Pendant plus d’une heure, j’ai ainsi trimardé de refuge en refuge: tantôt un konbini, tantôt une librairie, tantôt un Don Quijote
D’ailleurs, je souhaiterais m’arrêter quelques instants sur ce dernier point, parce que j’ai profité de mon oisiveté forcée pour y chercher les trucs les plus WTF qu’on peut y trouver, et le résultat est assez… Enfin, les photos parleront mieux que moi.

Dans mes pérégrinations, j’ai tout de même eu la chance de découvrir deux quartiers très sympas que j’ai vraiment hâte de revenir explorer prochainement: tout d’abord, le quartier coréen (Korea town) autour de Shin-okubo, rempli de petits restaurants et de boutiques pour fans de « K-pop », dramas et tout autre élément de la culture populaire coréenne; puis ensuite le quartier de Kabukicho, surnommé le quartier rouge de Shinjuku en raison de ses nombreux « cabarets » et autres lieux de divertissements pour messieurs (il est peu recommandé de s’y promener seule la nuit, mais il est très agréable de déambuler la journée dans ses nombreuses ruelles, dans lesquelles flottent comme un parfum de mystère et d’interdit…). J’avoue que sans ces deux découvertes tout à fait fortuites, ma journée aurait été un vrai fiasco, car non seulement la pluie ne s’est pas arrêtée (et mon coupe-vent Uniqlo n’est malheureusement pas devenu imperméable entre-temps), mais en plus l’amie que je devais retrouver à Shibuya n’est pas venue au rendez-vous pour diverses raisons, donc j’ai attendu telle une âme en peine devant la statue Hachiko, au milieu des écrans géants diffusant en boucle les mêmes musiques débiles, pour finalement décider de m’en aller au bout de tout de même trois quarts d’heure… Je peux vous dire qu’en traversant le méga-carrefour, j’ai repoussé toutes les limites de la grognasserie en en envoyant valser plus d’un dans le décor… C’est donc l’esprit un peu échauffé et les narines légèrement dilatées que je revins vers Shinjuku en longeant le parc de Yoyogi et les rails de la Yamanote Line. Quand j’arrivai là-bas, il était aux alentours de 17h et la nuit commençait déjà à tomber. J’ai déambulé pendant plus d’une heure, sentant ma mauvaise humeur disparaître au fur à mesure que je m’enfonçais dans ce dédale de rues colorées, dans ce labyrinthe de parfums et d’odeurs enivrantes…
Il est difficile de comparer Shinjuku à Shibuya: ce sont deux atmosphères totalement différentes, mais tout aussi grisantes l’une que l’autre; deux atmosphères totalement indescriptibles qui, peu importe le nombre de fois où l’on aura été plongé dedans, nous apparaîtront à jamais mystérieuses et fascinantes…
Il me reste encore tant de choses à voir du Japon, mais à chaque fois que je me retrouve au milieu de la foule à Shinjuku ou Shibuya, j’ai le sentiment que je pourrais mourir à l’instant même d’un arrêt cardiaque et n’avoir aucun regret, car toute l’Energie du monde semble concentrée en ces lieux, et la Vie qui m’entoure, me submerge, me paraît plus que jamais être la seule à valoir d’être vécue.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s