Un trimestre au Japon

Je me souviens comme si c’était hier de mon arrivée, quelque peu rocambolesque, à l’Université des langues étrangères de Tokyo le mercredi 24 septembre, à la tombée de la nuit. Et pourtant, c’était il y a déjà trois mois, un trimestre, une saison, presque.
Si l’on m’avait dit à ce moment-là que mon blog afficherait plus d’une trentaine d’articles et quelques 1785 vues depuis les quatre coins du monde, je ne l’aurais sûrement pas cru. Je profite donc de cet « article-bilan » pour remercier toutes les personnes qui m’accompagnent en pensée depuis trois mois en suivant mes aventures nipponnes, et sans lesquelles ce blog aurait peut-être déjà rejoint le cimetière des blogs de 3A vaguement entamés et aussi vite oubliés. J’aimerais adresser un remerciement spécial à mon lectorat le plus assidu, ma famille, et tout particulièrement à mes grands-parents, qui me donnent la motivation nécessaire et guident ma plume dans chaque article que j’écris et qu’ils seront probablement les premiers à lire.

Voici donc un retour en images sur mon premier trimestre au Japon, en 30 photos minutieusement choisies et qui sont, selon moi, les plus représentatives de ce pays fascinant tel que je l’imagine aujourd’hui.
J’ai choisi d’organiser ce diaporama en plusieurs parties, car c’eût été une folie de réduire le Japon à de simples clichés, aussi religieusement choisis fussent-ils. Car durant les trois mois qui viennent de s’écouler, ce n’est pas un, mais des mondes que j’ai découvert.

  • Le monde de la nuit. Tout le monde connaît l’expression, mais il faut l’avoir vécu soi-même pour comprendre ce qu’est une « ville qui ne dort jamais ». Marcher pendant des heures dans les rues animées, au milieu des gratte-ciels de Shinjuku, des écrans géants de Shibuya, des façades toutes illuminées des grands magasins. Se sentir grisée par toutes ces lumières et ces effluves, la foule qui grouille, les salarymen en costume ayant laissé leur sériosité sur les banquettes d’une izakaya, les éclats de rire des Japonaises à la voix aussi haut perchée que leurs talons, les apostrophes des serveurs cherchant à vous attirer à l’intérieur de leur restaurant… Se sentir plus libre et vivante que jamais car vous savez que même à deux heures, dans la plus sombre des ruelles, il ne vous arrivera rien car vous êtes au Japon et qu’ici l’insécurité n’est pas un sentiment ordinaire.
  • Une ville-monde. Se perdre au milieu des buildings ultra-modernes des grandes firmes multinationales, se noyer parmi les flots de touristes dans le grand carrefour de Shibuya, ou encore se retrouver comme une sardine dans le métro, et se rappeler que quelques vingt-cinq millions d’autres personnes habitent dans la même ville que vous.
  • Le monde d’une autre époque. Tomber au détour d’une rue sur un petit temple coincé entre deux immeubles, parce l’une des plus grandes forces du Japon est de savoir repousser toujours plus loin les limites de la modernité, tout en préservant sa part indispensable de croyance et de tradition.
  • Le monde au naturel. Apprécier chaque instant de son jogging matinal dans les parcs environnants, être éblouie par les couleurs de l’automne et des érables rougeoyants, et ne jamais se lasser du silence, de la sérénité, et de la douceur de vie qui règnent ici.
  • Un monde de saveurs. Découvrir de nouveaux plats et surprendre sans cesse son palais par le raffinement et/ou l’excentricité de la cuisine japonaise.

Je pourrais prolonger cette liste encore indéfiniment, mais je préfère m’arrêter ici et laisser les photos parler à ma place… Sur ce, je m’en vais chercher ma mère et ma soeur à l’aéroport, et si je ne poste rien avant: joyeux Noël à toutes et à tous !  ⸝₍̗⁽ˆ⁰ˆ⁾₎͕⸍∘˚˳°✧

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Tour d’horizon de ma chambre et du campus de « TUFS » !

L’avantage des typhons —s’il fallait en trouver un— c’est que juste après leur passage, il fait un temps absolument fantastique. C’était donc l’occasion ou jamais de faire une chose que je voulais faire depuis très longtemps: vous faire visiter la Tokyo University of Foreign Studies en vidéo… et en bicyclette ! J’en ai également profité pour filmer ma chambre, un petit bout de la résidence (dont le local poubelle, vous comprendrez pourquoi), ainsi que le grand bâtiment où ont lieu mes cours en anglais. Bonne visite ! \\\ ٩(๑❛ワ❛๑)و ////
(En-dessous de la vidéo, quelques photos supplémentaires !)

L’île aux 127 millions d’habitants

En rentrant de Shibuya la semaine dernière, j’ai eu la surprise de voir à peu près la population du Havre, de Chantilly et du Touquet réunie, sortir en flot ininterrompu de la petite station de Tobitakyu, et se diriger vers le stade Ajinomoto (d’après ce qu’on m’a dit, le stade officiel de l’équipe de foot du FC Tokyo). Je posterai prochainement les vidéos prises dans le métro à l’heure de pointe dans un article exclusivement consacré aux transports en commun tokyoïtes, mais je vous donne déjà un aperçu de ce qu’on appelle en cours de géo une « mégalopole » ou encore une « ville-monde ». Bien sûr, tout est relatif, des spectacles comme celui-ci sont probablement le quotidien des gens de Shanghai. Mais pour moi qui vient du Havre et la considérais déjà, avec ses 180.000 habitants, comme une « grande » ville française, j’ai eu l’impression de me retrouver face à une fourmilière en pleine migration. J’ai donc demandé ce qui se passait à une « teneuse de panneau », si c’était un match ou autre chose, et elle m’a répondu que les gens venaient pour un concert… de K-pop. Et effectivement, quelques minutes plus tard, les chants de ces idoles pour adolescentes pré-pubères, à la non-virilité phénoménale et aux textes à la guimauve sur-fondue, parvinrent à mes oreilles…

Cela dit, bien que le Japon compte actuellement près de deux fois la population française sur son territoire restreint, les experts s’inquiètent de la diminution de cette population dans les années à venir: rien que l’année dernière, l’île s’est dépeuplée de 244 000 personnes, tandis que le problème du vieillissement continue de s’aggraver… D’ici 2060, la population japonaise pourrait avoir diminué d’un tiers par rapport à son niveau actuel, et celle de Tokyo de moitié.

Les chiffres font peur, mais j’avoue qu’en rentrant ce soir-là, je l’ai pas trop senti…

Bilan de la première semaine

Plus d’une semaine s’est désormais écoulée depuis que je suis arrivée à Tokyo, et un petit bilan s’impose !

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est que je suis… fatiguée. Je sais, j’aurais pu commencer ce bilan sur une note plus joyeuse, mais avant de crier haro sur mon intolérable égocentrisme, laissez-moi au moins vous expliquer de quelle type de fatigue il s’agit. C’est une fatigue bien différente de celle que j’ai pu ressentir en arrivant sur le campus après avoir trimballé ma valise rose bonbon trop kawaii dans le métro, ou bien en m’affalant sur mon lit après m’être perdue pendant plus de deux heures dans les environs. La fatigue dont je parle ici n’est pas physique, du moins pas que. Vous savez, lorsque vous avez des milliards d’onglets ouverts sur votre navigateur, et que votre ordi commence à s’échauffer et faire des bruits de moulin à vent ? Et bien j’ai l’impression qu’après une semaine à Tokyo, mon cerveau ressemble à peu près à ça, un petit netbook en surchauffe. En une semaine à Tokyo, même à la campagne, on n’imagine pas le nombre incalculable de choses qu’on a pu découvrir tellement, ici, tout est différent.

A commencer par les gens. En accomplissant toutes les formalités administratives, j’ai redécouvert le sens de l’expression « service public »: que ce soit dans une station de métro, à la mairie ou à la banque, vous trouverez toujours quelqu’un pour vous orienter, vous aider à remplir les papiers, ou répondre à vos questions. Ceux de mauvaise foi diront que ces gens sont « payés pour ça », mais cet argument n’est valable que pour une partie des gens qui m’ont aidée, mais la plupart l’a fait gratuitement, sans rien attendre en retour. Hier encore, je suis allée faire quelques courses au supermarché, et j’ai demandé à une dame ce qu’était ce plat-là, appelé  »  いももち » (imomotchi):

  いももちLa dame a alors tenté pendant trois bonnes minutes de m’expliquer, avant d’interpeller un vendeur en espérant qu’il me fournirait des explications plus claires. Au final, je n’ai toujours pas bien compris ce que c’était (une sorte de patate caramélisée, un peu caoutchouteuse en bouche mais pas mauvaise), mais ce que je retiendrai avant tout de cette expérience culinaire, ce sont les efforts déployés par cette brave femme pour tenter d’éclairer une pauvre gaijin perdue au rayon traiteur, ne sachant même pas devant quel plat elle salive. On peut reprocher bien des choses aux Japonais: leur froideur, leur superficialité, leur étrangeté, leur haute opinion d’eux-même, ou que sais-je encore. Mais je suis de ceux qui pensent que la gentillesse d’une personne ne se mesure pas à son sourire, mais à ses actes. Et à ce niveau, celle des Japonais est largement proportionnelle à la gueule qu’ils sont capables de tirer dans le métro.

L’art précis et délicat des « courbettes » japonaises…

Sinon, sur une note un peu plus personnelle, je peux enfin considérer mon aménagement à « TUFS » comme terminé: j’ai une bouilloire, un rice-cooker, et de quoi cuisiner. C’est donc avec un peu d’émotion que je mangeai ce soir mes premières patates douces japonaises (à la peau violette et la chair jaune), et avec impatience que je m’endormirai ce soir en pensant aux délicieux うどん (udon, les grosses nouilles à ne pas confondre avec les ramen ou les soba !) que je dégusterai au petit-déjeuner.

Et enfin, pour finir sur une note un peu sucrée, voici un petit diaporama des gourmandises plus ou moins originales que j’ai pu goûter pour l’instant (les premières d’une liste qui promet d’être très longue… ´・ᴗ・` )

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Un lundi à bicyclette

Une nouvelle semaine s’ouvre pour moi à Tokyo, et elle s’annonce très bien car…

(ノ◕ヮ◕)ノ*:・゚✧      J’ai un vélo !     ☆*・゜゚・*(^O^)/*・゜゚・*☆

Il m’a coûté la modique somme de 8,000円, soit environ 60€, ce qui est plutôt une bonne affaire ! Sans plus attendre, je suis tout de suite allée faire un petit tour en bécane avant que le soleil se couche, et parce que je suis une aventurière, j’ai tenu le guidon d’une seule main en filmant de l’autre ! (Je tiens tout de même à préciser qu’aucune personne n’a été tuée ou blessée durant le tournage de ce film, même si on n’est pas passé loin…)

Voici donc un petit tour d’horizon… à bicyclette !

Avant cela, l’autre bonne nouvelle du jour, c’est le résultat de mon test de placement en japonais: j’ai réussi à atteindre le niveau 300, ce qui veut dire que je pourrai choisir mes cours ! ヽ(^。^)丿Les niveaux 100 et 200 sont destinés aux débutants, qui ont donc des cours intensifs (10h par semaine). Avec mon niveau, j’aurais non seulement deux fois moins de cours qu’eux, mais je pourrais surtout choisir de mettre l’accent sur ce que je souhaite améliorer (en l’occurrence, la communication orale). Le test en lui-même fut un peu une catastrophe puisqu’au bout d’une vingtaine de questions, je ne connaissais plus les kanjis utilisés et ne comprenais pas un mot sur deux… J’ai donc répondu au pif, et il semblerait que mon « pifomètre » soit assez performant ! Il va donc falloir que je compose désormais mon emploi du temps, en choisissant également 2 cours minimum en anglais, ayant rapport à la culture japonaise au sens large. J’ai repéré un cours de grammaire comparative entre japonais et anglais qui peut être intéressant pour comprendre les origines et les évolutions des deux langues; mais beaucoup d’autres cours me tentent, comme celui sur la mythologie japonaise, ou encore celui sur la société japonaise moderne vue au travers de l’histoire populaire.

Cette semaine s’annonce donc très chargée, mais pour l’heure, mon installation se poursuit tranquillement, et j’espère trouver tout ce qu’il me manque encore au grand bazar de demain. Si ma chance ne me quitte pas, je pourrais dès demain soir me cuisiner un bon petit repas dans ma kitchenette enfin toute équipée !    。^‿^。      ( ˘▽˘)っ♨

Un dimanche à la campagne

Au Havre, j’adorais le dimanche. Aucune voiture dans les rues, un silence quasi-absolu que seuls les cris des mouettes venaient rompre, l’impression que le temps s’est arrêté et que le monde a cessé de tourner le temps d’une journée… En tant que libérale pleinement assumée, je suis 100% favorable à l’ouverture des commerces le dimanche —pour ceux qui le souhaitent bien entendu— mais je dois avouer que les grands moments de bonheur dans ma vie ont souvent eu lieu lors de mes « promenades dominicales ». Trouver une boulangerie ouverte et y acheter une baguette fraîche, se faire un jambon-beurre et le manger devant le 13 heures en savourant chaque bouchée, puis aller se balader près de la plage ou bien dans la ville-haute, et voir les Havrais prendre soin de la maison qu’ils ont peut-être achetée à la sueur de leur front, repeindre sa façade, tondre la pelouse…

Je peux comprendre pourquoi les Français sont si attachés à leur dimanche, car il flotte en ce jour une atmosphère vraiment particulière, un parfum de sérénité qu’on ne retrouve aucun autre jour de la semaine. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je veux rester en France plus tard, malgré toutes les exhortations à quitter le pays que j’ai pu recevoir. Même si nous allons dans le mur, même si le pays fait faillite, même si le ras-le-bol grandissant se transforme en une deuxième Révolution, j’ai le sentiment tenace que rien ni personne ne pourra jamais venir troubler la tranquillité du dimanche et faire de ce jour singulier un jour comme les autres. Je ne dirai peut-être plus cela dans cinq ans, mais à l’heure actuelle, à une fiscalité plus clémente je préfère mille fois un bon jambon-beurre.

Aujourd’hui étant mon tout premier dimanche au Japon, je ne pouvais pas ne pas faire d’articles dessus ! A cause du décalage horaire, le réveil fut assez laborieux, mais une fois un grand verre d’eau avalé et la tenue adéquate enfilée, j’étais partie pour mon footing ! :)

L’avantage d’être en banlieue de Tokyo —pour ne pas dire à la campagne—, c’est qu’il y a plein de parcs aux environs de l’université. Voici des petites cartes pour vous aider à mieux visualiser où je me trouve exactement par rapport au coeur de Tokyo:

A gauche, vous pouvez voir mon université, qui se situe à environ 35-40 minutes en train de Shinjuku et de Shibuya, deux quartiers très populaires et animés de Tokyo.

Les environs verdoyants de mon campus, avec plusieurs parcs et un petit aéroport de campagne.

Les environs verdoyants de mon campus, avec plusieurs parcs et un petit aéroport de campagne.

Cette fois-ci, j’ai réussi à ne pas me perdre (la ballade de deux heures hier qui s’est finie à la tombée de la nuit m’a suffit…) et à visiter en petites foulées les deux parcs situés à droite de la ligne de train, du côté de mon campus, et tout cela sous un beau ciel bleu et un soleil radieux. Que demander de plus ? :)

Aussi, une petite particularité dont je voulais vous parler, c’est qu’ici, il est quasiment impossible de faire la grasse matinée (heureusement, ce n’est pas du tout mon genre) ! En effet, dès 8 heures —voire peut-être même plus tôt— on est réveillé par les cris des enfants et les sifflets des entraîneurs de foot sur les terrains juste à côté de l’université, ainsi que par les encouragements au mégaphone (qui, du coup, t’encouragent aussi à te bouger les fesses et sortir du lit). Au Japon, les week-ends ont l’air d’être vraiment consacrés au sport, qui semble pratiqué de manière très sérieuse: on approche de l’heure du déjeuner et je vois toujours autant de petites silhouettes s’activer sur les pelouses !

Quant à moi, je dois me préparer pour le test de placement de demain matin, afin de ne pas me retrouver avec 10 heures par semaine de cours intensif pour débutants… Mais avant cela, direction la station Tobitakyu pour un déjeuner entre Français chez Sukiya (chaîne dont je vous reparlerai par la suite), histoire de se mettre bien avant le commencement des cours et le début des choses sérieuses !   (^-^)_日

Arrivée à Tokyo et à « TUFS »

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Après une escorte sans encombres sur la flotte allemande (qui ne sert pas de la nourriture de son pays, Dieu merci, mais un délicieux repas japonais), me voilà arrivée à l’aéroport de Narita, avec ma valise rose bonbon de 22,9 kg, mon bagage cabine de 7 kg, mon bagage à main, mon air hagard et mes yeux exorbités de fatigue de d’émerveillement. Si je prends la peine de mentionner le poids de mes bagages, ce n’est non pas par amour des chiffres (l’avion m’aurait alors retourné la cervelle), mais parce qu’il m’a fallu me trimballer tout ce beau monde dans le métro, où il n’y a pas d’ascenseur… Une grand-mère m’a gentiment proposé son aide, mais comme je n’avais pas le cœur à la tuer d’une attaque cardiaque, j’ai refusé aussi poliment que j’ai pu. Car oui, la politesse japonaise fait partie de mes grandes appréhensions, mais j’y reviendrai plus tard. Bref, je pris un bus jusqu’à Shinjuku, puis un premier métro, puis un deuxième, et un miracle se produisit alors : je rencontrai par hasard Claire, l’autre Française de Sciences Po avec moi. On a eu le malheur de demander quel métro prendre à une employée, qui lui a pris son billet et m’a fait payé un complément de mon ticket (du moins, c’est ce que j’ai compris, mais il est aussi probable qu’elle soit à la tête d’une mafia spécialisée dans le racket d’étudiants étrangers totalement paumés)… Mais, au moins, nous étions désormais deux dans la galère !

Galère qui ne faisait que commencer… Non, j’exagère. On est quand même bien arrivées à l’université et dans nos chambres respectives… pour nous apercevoir que ces dernières ne contenaient absolument rien : pas une casserole, pas une petite cuillère, pas de papier toilette (rassurez-vous, je suis ensuite allée réclamer mon « rouleau de bienvenue »)… Et surtout : pas de wifi. Stupeur et tremblements, comme dirait une auteure bien connue : comment vais-je pouvoir étudier, faire des recherches, préparer mes exposés et mes dissertations ? (Plus sérieusement, comment vais-je pouvoir Skyper un peu et glander beaucoup?). Heureusement, ce n’est pas le désert technologique non plus, il y a du wifi dans la « multi-purposes room » (que je squatte comme une gitane en m’asseyant devant la porte car elle est fermée aujourd’hui), et dès que j’aurais trouvé un adaptateur câble Lan-USB, j’aurais internet dans ma chambre et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Mais à part le problème wifi, c’est plus ou moins déjà le cas : ma résidence est flambant neuve (construite en avril 2013), les parties communes sont impeccables, j’ai ma propre salle de bains dans ma chambre, ainsi qu’un chouette bureau, un chouette balcon et une chouette kitchenette toute équipée (enfin, il y a une plaque et un frigo, quoi). En revanche, comme je l’ai dit plus haut, il n’y a rien d’autre, ce qui veut dire que je croise les doigts pour que le grand bazar de la semaine prochaine soit une caverne d’Alibaba où je trouverai une bouilloire, de la vaisselle, et un rice-cooker si Dieu le veut (oui, un rice-cooker est si important que ça –vous n’avez qu’à devenir asiatique et vous comprendrez pourquoi). Le campus est assez grand, il compte trois résidences et une dizaine de bâtiments environ. Quant à son emplacement, disons qu’il est un peu comme l’intérieur des chambres, il n’y a pas grand chose : trois « konbini » (de l’anglais convenient store, ces petits supermarchés géniaux ouverts 24h/24 où l’on trouve à peu près tout), quelques petits restaurants, et quelques commerces divers. A proximité directe, on trouve un cimetière géant (sérieusement, sur le plan on aurait dit une énorme tâche verte de la taille de l’Oise) et plein d’installations sportives. On est loin de la démesure de Shibuya et de Shinjuku, mais au moins on est au calme (sauf si les morts du cimetière font la java la nuit, mais j’ai rien entendu pour l’instant). Voilà donc l’endroit où j’ai posé mes valises pour un an :)

Aujourd’hui, j’ai fait la connaissance de ma « tutrice », Ayami, qui est un peu plus jeune que moi et étudie le français depuis un an. Non seulement elle se débrouille très bien dans la langue de Molière, mais en plus elle a été à mon égard d’une extrême gentillesse en nous amenant, Claire et moi, faire les courses dans un department store situé à deux stations d’ici. Durant près de deux heures, nous avons déambulé dans tous les rayons, lui demandant « c’est quoi ? c’est bon ? c’est quoi le moins cher ? » à peu près tous les vingt mètres. Sans elle, nous n’aurions jamais pu acheter de la lessive, du liquide vaisselle, du nettoyant et du savon sans les confondre entre eux (sans parler des aliments bizarres, comme les patates-carottes précuites qui ressemblent à des coquilles St-Jacques). Heureusement qu’elle a dû nous quitter pour aller à son travail (dans un restaurant italien), car j’aurais été vraiment gênée de lui monopoliser tout son après-midi, surtout qu’elle nous amène demain à la mairie, à la banque et à la boutique de téléphone portables…

Nous sommes donc encore loin d’avoir fini notre installation, mais on s’en sort plutôt bien pour l’instant ! Reste plus qu’une bouilloire pour le café du matin, un rice-cooker (ou casserole/passoire) pour mon riz quotidien, internet dans ma chambre, et à nous Tokyo !

ヾ(*⌒ヮ⌒*)ゞ