Le train au Japon

Lorsque je prenais le train ou le métro en France, j’emportais toujours de quoi m’occuper. Peu importait la longueur du trajet, même entre trois stations de métro, j’avais le temps de sortir mon baladeur et d’écouter une chanson. Pas spécialement pour m’occuper ou me distraire, mais plutôt pour « rentabiliser » mon temps, car entre jouer sur mon portable et ne rien faire, je préfèrerais encore mille fois ne rien faire. Mais ici, je ne me rappelle pas m’être déjà ennuyée une seule fois dans le train. Même lorsque je suis allée à Nokogiriyama, à presque trois heures de chez moi, j’ai regretté d’avoir alourdi mon sac avec un bouquin, car après l’avoir sorti et lu quelques pages, je l’ai immédiatement reposé pour vaquer à mon « occupation » habituelle, c’est-à-dire… ne rien faire. Sans que je ne sache pourquoi, les trajets en train au Japon me semblent passer beaucoup plus vite qu’en France, et ne sont surtout jamais, jamais ennuyeux. Je dirais même, presque sans exagération, que chaque trajet est pour moi un spectacle, qui commence avant même d’entrer dans la rame. Beaucoup de choses vont me manquer à propos des trains japonais, mais si je devais n’en retenir que quelques unes ce serait celles-ci:

  • Le savoir-vivre

Lorsque j’étais en France il y a deux semaines, j’ai remarqué qu’il y avait désormais des flèches tracées sur les quais du métro parisien, mais je me suis demandée un moment si c’était mon imagination car personne d’autre ne semblait les voir: comme d’habitude, les gens se précipitaient pour rentrer les premiers dans la rame, ne laissant personne en sortir et bousculant si besoin ceux qui avaient le culot d’essayer… Je ne peux m’empêcher à chaque fois de penser que si le déluge venait à se produire, Noé aurait sans doute honte en voyant les animaux monter dans son arche de manière plus civilisée que ses congénères. Ici, comme vous l’aurez deviné, c’est tout l’inverse: les gens font la queue en ligne bien droite derrière les marques indiquant l’emplacement des portes à l’arrêt du train, et lorsque ce dernier arrive, les gens attendent que le dernier passager soit sorti avant de monter à leur tour. Et une fois dans la rame, on se fait le plus petit possible, d’abord en termes de place, mais aussi et surtout en faisant preuve de discrétion. Observer les Japonais dans le train aura fait partie de mes passe-temps favoris cette année, et c’est d’ailleurs la première image qui m’est venue à l’esprit quand l’un des jurés de l’EDHEC m’a demandé « qu’est-ce qui vous amuse ? ». Ce qui peut sembler paradoxal puisque la liste des occupations des Japonais dans le train est, pour ainsi dire, assez limitée: il y a ceux qui dorment (et se réveillent toujours à point pour leur arrêt, l’un des mystères que je n’ai pu encore percer…), ceux qui ont les yeux rivés sur leur smartphone (à stalker leurs connaissances sur les réseaux sociaux ou jouer à des jeux très intelligents), celles qui se remaquillent (ou contemplent simplement leur reflet au travers de leurs lentilles d’alien) ou encore, pour finir, les fameux salaryman qui rentrent du boulot un peu éméchés. Mais même lorsque ces derniers sont ivres morts, le seul dérangement qu’ils pourraient vous causer est de parler un peu fort. Car en plus d’être discrets, polis et disciplinés, les Japonais ne plaisantent pas avec les bonnes manières: j’aurai appris plus en prenant le train à Tokyo qu’avec tous mes cours d’éducation civique au collège ! Et surtout de manière beaucoup plus ludique, comme le montrent ces posters qu’on peut voir accrochés dans les trains et qui sont, disons, assez explicites…

Mais ce qui va me manquer le plus à propos des trains japonais, et qui les différencient radicalement de leurs homologues français, est la sécurité. Il m’est déjà arrivé de rentrer chez moi par le dernier train, et même à une heure du matin, entourée de gens ayant un peu forcé sur le saké, dans la plus grande gare du monde qu’est Shinjuku, je ne me suis jamais sentie en insécurité. Rien que d’imaginer la même situation à la gare du Nord me donne la chair de poule, et pour être honnête, même dans le TER vers Chantilly en plein après-midi, je n’étais pas totalement rassurée…

  • L’ingéniosité

L’autre chose qui m’a frappée quand j’ai pris le train au Japon pour la première fois est l’ingéniosité avec laquelle tout est conçu pour optimiser au maximum le trafic. Tout d’abord, les portillons automatiques. En France, nous avons soit les tourniquets massifs sur lesquels certains s’entraînent au saut en hauteur, soit les portes qui s’ouvrent et se referment telles une mâchoire maléfique prête à vous tronçonner en deux… Au Japon, il y a aussi des barrières, mais celles-ci se refermeront sur vous uniquement si vous essayez de frauder ! Résultat, le trafic est beaucoup plus fluide puisqu’il suffit de passer sa carte de transport sur le lecteur tout en franchissant le portillon, sans avoir nullement besoin de s’arrêter de marcher. Quasiment tout le monde a une carte qu’il faut charger régulièrement et qu’on peut même utiliser pour payer de petits achats dans les konbinis ou les distributeurs de boissons (自動販売機). A notre passage, le portillon affiche le montant restant sur notre carte, et si ce dernier est insuffisant, il y a toujours une « fare adjustment machine » à côté pour la recharger. Et même pour les rares personnes préférant encore le papier, j’ai l’impression que les tickets mettent moins de temps à ressortir ici…
Deuxièmement, l’ingéniosité dans la conception des trains eux-mêmes, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Pas une seule fois je n’ai pris le métro à Paris sans me dire qu’il était terriblement agencé, et réfléchir à différentes manières de mieux optimiser l’espace. Stupeur quand je suis arrivée à Tokyo: les trains étaient agencés exactement comme je l’avais imaginé, avec pour résultat l’impression d’avoir beaucoup plus de place, dans des rames qui ne sont pourtant guère plus larges qu’en France, voire même plus petites. Des banquettes alignées le long des fenêtres, un couloir central dégagé avec suffisamment de poignées pour s’accrocher, et des portes-bagages que les gens utilisent sans craindre de voir leurs effets personnels disparaître la seconde d’après: simple, logique et efficace.

A l’extérieur aussi, l’ingéniosité japonaise saute immédiatement aux yeux: les bullet trains ont un profil si aérodynamique qu’on pourrait presque croire qu’un coup de vent les ferait avancer. A l’inverse, les trains « normaux » (comme celui que j’emprunte pour aller au centre-ville qui ressemble à ça) paraissent tout droit sortis des années 80 avec leur forme carrée et leur look vintage, mais sont pourtant incroyablement silencieux, et je peux vous dire qu’on s’y sent beaucoup mieux que dans le plus récent des RER parisiens…

  • La précision

L’agencement ne fait pas tout, ce qui rend les trajets en train au Japon si agréables, c’est surtout leur précision. Avec 3.6 million d’usagers quotidiens et 5 heures de pointe (dont la première commence à 4h30 du matin), la gare de Shinjuku est la première au monde en termes de trafic et ne peut donc se permettre aucun retard, fût-il d’une minute, car cela perturberait le déroulement de la journée entière. Et cela fait toute la différence, car non seulement cela vous permet de planifier votre itinéraire à la minute près (ici on peut dire « on se retrouve à 18h56 » sans passer pour un maniaque obsessionnel de la trotteuse), mais aussi car cela rend presque supportable de se retrouver entassé comme des sardines durant l’heure de pointe puisque vous savez exactement dans combien de minutes vous pourrez à nouveau respirer.
La précision des trains au Japon est si parfaite qu’elle semble être le fait d’une intelligence supérieure ou divine, mais elle n’existe que grâce à l’extrême méticulosité des employés, reconnaissables pour la plupart à leurs gants blancs… mais aussi à leur voix ! Les conducteurs utilisent en effet une voix nasale pour annoncer les arrêts (d’après cette vidéo, on l’entendrait plus distinctement), ce qui surprend beaucoup au début mais, en fin de compte, se marie assez bien avec les petites mélodies spécifiques à chaque station (par exemple, pour la ligne Yamanote). En plus d’être affiché sur les écrans de la rame, chaque arrêt est donc annoncé par trois voix différentes: celle, nasale, du conducteur; celle automatique et sérieuse du train; et enfin celle automatique et hilarante de la station (« Kichijoooooji, Kichijoooooji ! »). Je ne m’étais pas trompée, le japonais est en effet une lanque musicale et toute en nuances…

  • La propreté

Dernière chose qui rend les trajets en train si agréables: la propreté. La première fois que je suis venue au Japon, mon oncle est venu me chercher à l’aéroport et lorsqu’on est montés dans le train, il m’a dit une phrase que je n’oublierai jamais: « c’est tellement propre qu’on pourrait manger par terre ». Si cette phrase m’a autant marquée, c’est tout simplement parce qu’elle est vraie: pas un seul mégot ni chewing-gum sur le sol, pas de papiers qui traînent, pas de sièges déchirés ou de strapontins cassés, pas de vitres rayées, pas de wagons vandalisés, pas d’odeurs désagréables même lorsque la température dehors dépasse les 30°C… Les trains brillent comme des sous neufs et leur intérieur est impeccable grâce, encore une fois, à l’incroyable minutie et la discipline quasi-militaire des employés de gare japonais, comme le montre la vidéo ci-dessous.

C’est peut-être tout cela qui fait que je ne vois pas le temps passer quand je prends le train au Japon, et qui fait de chaque trajet un moment de réelle détente, passé à regarder les passagers autour de moi ou simplement les paysages défiler à la fenêtre.
Est-il possible de se réhabituer au train, métro et RER français après avoir connu ça ? Je me pose aussi la question…

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Kurayami Matsuri (くらやみ祭)

Le Kurayami Matsuri (Darkness Festival) à Fuchū, le 5 Mai 2015.

Mardi dernier, ma voisine italienne Rachele m’a proposé d’aller à Fuchū pour le Kurayami Matsuri (Festival des Ténèbres), au temple Ohkunitama, l’un des plus anciens de la capitale. C’était la première fois que j’assistais à un festival traditionnel, avec le défilement des immenses tambours et des mikoshi (sanctuaires portatifs), au milieu d’une foule dense et compacte, éclairée par des centaines de lanternes. Arrivées un peu en avance, nous avons pu être aux premières loges pour profiter du spectacle; mais au bout d’environ une heure, voyant que les derniers mikoshi ne se pressaient pas pour arriver, nous avons décidé de s’extirper de la foule pour profiter d’une autre caractéristique des festivals au Japon toute aussi importante, à savoir une incroyable abondance de nourriture étalée devant nos yeux dans un dédale de stands servant des mets plus alléchants les uns que les autres, et entre lesquels on se plaît à déambuler, guidés par les délicieuses effluves, comme dans un labyrinthe édénique dont on ne voudrait jamais sortir…

La cuisine japonaise… à Kyōto !

A Kyōto, nous avons vu des temples, des femmes en kimono, des arcades commerçantes labyrinthiques, de charmantes échoppes traditionnelles, des petites ruelles animées Mais nous avons aussi et surtout mangé. Beaucoup mangé.

Tout d’abord, des 焼きそば (yakisoba), au petit-déj, tous les matins (en l’occurrence c’était plutôt un brunch pour des raisons de décalage horaire et de réveil légèrement laborieux…). On les achetait fraîches par pack de 3 sachets, les faisait revenir à la poêle avec du soja et la sauce d’accompagnement et, pour moins d’un euro, on avait un délicieux repas chaud, équilibré… et même sans gluten puisque contrairement aux udons, les sobas sont faites à partir de sarrasin ! (non pas que ça ait de l’importance, mais c’était une bonne occasion de distinguer nouilles et nouilles…)
Il manquait toutefois un élément essentiel à ce petit-déjeuner pour qu’il soit totalement complet: des protéines ! Et nous trouvâmes celles-ci dans…

Les 寿司 (sushis) ! Achetés bien sûr ultra-frais au rayon traiteur du supermarché situé à deux pas de chez nous, où ils étaient faits le matin-même avant l’ouverture. Ce n’était certes pas des sushis de maîtres, mais ils étaient tout de même bien meilleurs (car réalisés avec du vrai riz à sushi, légèrement vinaigré) que la plupart des sushis qu’on trouve en France. Le plus souvent, nous mangions des 稲荷寿司 (inari-sushi, riz vinaigré enveloppé dans une poche de tofu frit) et des 巻き (makis) à la « salade de saumon » (サーモンサラダ, saamon-sarada), fourrés avec des morceaux de saumon, oeuf, avocat et concombre.
Ainsi, chaque matin, nous avions la chance de déguster un brunch parfaitement japonais, avec des sushis en entrée, des yakisoba en plat de résistance, et en guise de dessert, une bonne tasse de lait de soja chaud !

Bizarre, comme dessert ?  Et bien détrompez-vous: au Japon, le 豆乳 (tōnyū) se décline en au moins une trentaine de saveurs différentes, allant des plus « classiques » (cacao, amande, fraise…) aux plus originales (patate douce, sésame noir, flan, coca, Earl Grey, fleurs de cerisiers…). J’avoue que je n’en ai pas goûté beaucoup pour l’instant, non pas par aversion au risque, mais parce que celles que j’ai testé m’ont plus que convaincue, à savoir café, banane et bien sûr… nature ! (en particulier la version allégée à 45%)

C’était donc l’estomac bien rempli —et déjà une légère envie de dormir pour certaines…— que nous quittions chaque jour la maison aux alentours de 14 heures… Et bien que nous étions persuadées de pouvoir tenir sans problème jusqu’au dîner, nous finissions toujours par craquer pour une spécialité japonaise vendue dans les stands et petites échoppes que nous rencontrions au cours de nos visites: たこ焼き (takoyaki), コロッケ (korokke, croquette), ou bien les fameux rice crackers japonais おかき (okaki)…

Le soir, nous allions généralement au restaurant, mais nous avons aussi dîné plusieurs fois à la maison où nous nous sentions si bien (je vous la ferai visiter dans un prochain article !), en nous préparant nous-mêmes un petit festin japonais avec ce qu’on avait trouvé durant la journée, soit au supermarché voisin, soit dans les petites échoppes alentours ou découvertes par hasard en rentrant. Mais toujours avec notre accompagnement fétiche: le chou chinois ! Et après le repas, nous ne manquions jamais de prendre toutes les trois dans la cuisine notre sacro-sainte tisane  avec des biscuits au chocolat Gerblé… les deux venus directement de France, s’il vous plaît !


Mochi 餅, ou le « gâteau-tueur » du Nouvel An…

Mochi (): gâteau traditionnel à base de riz gluant obtenu selon un rite festif, et dont la texture visqueuse fait chaque année des dizaines de victimes par étouffement lors du Nouvel An.

Chaque année, les Japonais engloutissent en moyenne un kilo de ce drôle de « gâteau » pouvant se déguster sous diverses formes: salé et fondu dans une soupe (ozounizenzai), en boules saupoudrées de soja grillé (kinako mochi) ou fourrées à l’anko (daifuku mochi), ou encore en brochettes, simplement grillées ou bien recouvertes d’un caramel à base de sauce soja (dango mochi).

Il n’est pas rare de voir fabriquer des mochi en pleine rue ou en public, selon un rite assez spectaculaire puisque sa préparation (餅つき, mochi-tsuki) ne nécessite généralement pas moins de trois hommes: les deux premiers battent dans un mortier (uzu) à l’aide de pilons (kine) le riz gluant cuit à la vapeur sur un feu de bois jusqu’à que celui-ci prenne un aspect très homogène et visqueux, pendant que le troisième donne la cadence en criant « ichi, ni, san ! » car les maillets ne doivent pas s’entrechoquer, mais aussi pour que sa main ne soit écrasée lorsqu’il retourne la pâte brûlante tous les deux coups. La pâte ainsi obtenue est façonnée à la main par les femmes et les enfants à l’aide de poudre d’amidon, avant de durcir et pouvoir être conservée pendant plusieurs semaines.
Le mochi est l’ingrédient phare du shogatsu, la fête du Nouvel An: les Japonais ont tous alors chez eux un 鏡餅 (kagami mochi), qu’ils brisent et mangent une fois le Nouvel An passé (souvent alors qu’ils sont un peu pourris).

L’expression « peau de bébé » se dit au Japon « peau de mochi ». Mais ne vous fiez pas aux apparences, ce n’est pas pour rien que l’on surnomme cette pâtisserie le « gâteau-tueur« : chaque année, l’impitoyable viscosité du mochi provoque la mort par étouffement d’une dizaine de Japonais, principalement des personnes âgées à la déglutition difficile.
Avis donc aux ouvreurs d’huîtres maladroits qui liront ce post: si vous avez le malheur de passer la prochaine Saint-Sylvestre aux urgences, dites-vous qu’à l’autre bout de la planète sévit un serial killer bien plus terrible encore…

Welcome to Sushirō スシロー !

Cliquez ici pour voir le menu de ce petit coin de paradis ! 

Bienvenue dans l’un de mes lieux de prédilection et sans doute le meilleur kaiten sushi de tout le Japon, j’ai nommé… Sushirō ! Ce paradis en quelques mots:

Les restaurants de cette chaîne sont situés hors du centre-ville et souvent en bord de route, ce qui veut dire qu’on a de la place et de vraies tables pour 4 à 6 personnes avec un robinet d’eau chaude et du thé vert à volonté.
C’est un lieu très prisé par les Japonais, en particulier les familles, ce qui est toujours bon signe, même s’il faut souvent patienter pour avoir une table !

Les sushis sont préparés en continu et défilent sur un tapis roulant devant nos yeux; mais ce qui place Sushirō au-dessus des autres restaurants de kaiten sushi, c’est qu’on peut commander ce qu’on veut depuis son écran, sans que cela ne coûte plus cher que de se servir sur le tapis. Au bout de quelques minutes, notre commande arrive sur le tapis (un signal apparaît sur l’écran pour ne pas la louper), et on peut ainsi déguster des sushis ultra-frais, préparés rien que pour nous !
Le menu compte en tout 80 éléments dont la majorité sont bien sûr des sushis, mais il est aussi possible de commander de la soupe miso, des nouilles, des tempuras, voire même une salade césar… sans oublier une belle carte de desserts !

Mais le mieux reste tout de même le prix: 100¥ l’assiette, soit environ… 75 centimes d’euro ! Chacune comporte 2 sushis ou 4 makis, avec (couleur jaune) ou sans (couleur blanche) wasabi. Mais pour les plus fins gourmets, il existe aussi des « créations originales » avec du poisson plus noble vendues à peine plus chères.
A ce prix-là, on peut non seulement s’offrir un repas gargantuesque pour moins de 10€, mais on peut aussi et surtout découvrir une myriade de saveurs plus ou moins surprenantes et goûter à des poissons qu’on ne trouvera jamais en France.

Nous y sommes allées le 25 décembre avec ma mère et ma soeur, et à nous trois nous avons englouti plus d’une vingtaine d’assiettes de sushis, plusieurs de tempuras, et deux succulents desserts… Bref, un festin de rois au rapport qualité-prix imbattable puisqu’au total nous en avons eu pour environ 12€ par personne ! Alors, convaincu ? ⁽(◍˃̵͈̑ᴗ˂̵͈̑)

La « street » food japonaise

Que mes lecteurs amateurs de bonne chère se rassurent, si je n’ai jusque là pas publié beaucoup d’articles sur la cuisine nipponne,  je compte bien me rattraper dans les jours qui viennent avec un feuilleton consacré comptant moult photos et vidéos plus alléchantes et les unes que les autres !
Pour le premier épisode, j’ai choisi de commencer par la « street » food au sens large du terme, autrement dit tout ce à quoi il est atrocement difficile de résister lorsqu’on se balade dans les rues de Tokyo, tant les effluves enivrantes et la vue des gens préparant tous ces mets devant nos yeux nous met l’eau à la bouche…

Quand on évoque la cuisine japonaise, on a souvent l’image d’une cuisine chère et ultra-saine, composée quasi-essentiellement de riz et de poisson cru, et susceptible de faire vivre 120 ans les plus pécunieux d’entre nous. Il y a certes un peu de vrai dans tout ça, les Japonais consomment certainement plus de riz que de blé, et leur régime alimentaire est sans conteste bien plus équilibré que celui de nous autres, occidentaux. Mais hormis dans les très bons restaurants (qui sont aujourd’hui plus nombreux en termes d’étoiles ici qu’en France !), la cuisine japonaise est incroyablement bon marché: pour le prix de trois sushis en France, on peut ici s’offrir un véritable festin, et en ce qui concerne le menu, on a l’embarras du choix ! Pour les plus pressés, il y a bien sûr l’option konbini, où l’on trouve des aliments chauds préparés tout au long de la journée, mais également des plateaux-repas (ou 弁当, bento) tout prêts qu’on peut réchauffer sur place; ou bien on peut aussi avaler en vitesse un bol de ramen/soba/udon dans un restaurant de chaîne (souvent ouverts 24h/24, avec une machine à l’entrée pour passer commande) ou une petite échoppe de quartier (parfois si petites qu’on est debout au comptoir !). Mais si l’on a la chance d’avoir plus d’un quart d’heure de pause déjeuner et un peu plus de 500¥ (env. 3,50€) à dépenser, certains restaurants proposent le midi des menus complets à moins de 800¥ (6€), voire des formules à volonté pour à peine plus cher ! A ce prix-là, ce n’est certes pas de la grande cuisine, mais il y a de fortes chances qu’elle soit bien meilleure que ce qu’on peut trouver de nos jours dans la plupart des brasseries parisiennes…
La possibilité d’avoir un repas chaud, frais (pas du surgelé réchauffé), copieux et généralement bon pour une poignée d’euros est sans aucune hésitation l’un de mes aspects préférés du Japon, et la première idée reçue à tomber lorsque je suis arrivée.
Il faut vraiment venir ici soi-même pour se rendre compte de la richesse et la variété de la cuisine japonaise, depuis les コロッケ (korokke) que l’on voit au début de cette vidéo, aux 天ぷら (tenpura)から揚げ (karaage) et autres fritures, en passant par les brochettes 焼き鳥 (yakitori) et tous les plats de viande préparée au grill (焼肉yakiniku) ou en fondue (すき焼きsukiyaki), sans oublier bien sûr les produits de la mer dont les méthodes de préparation semblent également infinies…  (๑◔‿◔๑)

メリークリスマス ! (Merry Xmas)

Après douze jours d’absence, me voilà de retour avec plus d’articles à publier que jamais ! Il n’est en effet pas donné à tout le monde la chance incroyable de passer Noël à Tokyo et le Nouvel An à Kyoto, les deux en famille, entourée de ma mère et ma soeur venues me rendre visite. C’est exactement le genre d’évènements qu’on n’aurait jamais pu prévoir, ni même imaginer dans nos rêves les plus fous, et qu’on reçoit comme un cadeau de la vie sans trop savoir ce qu’on a bien pu semer pour le récolter. Je suis partie de France le 23 septembre et elles sont arrivées le 21 décembre au soir, cela faisait donc presque trois mois qu’on ne s’était pas vues. Trois mois qui, comme je le disais dans mon article précédent, semblent avoir passé à la vitesse de l’éclair, mais qui, lors des retrouvailles larmoyantes à l’aéroport, ressemblaient plutôt à trois ans…
Le dépaysement commença dès que nous prîmes le train pour nous rendre au petit appartement que nous avions réservé sur Airbnb, situé à Higashi-Matsubara, à seulement une dizaine de minutes de Shibuya par la Keio Line: après avoir pris la Yamanote Line (la ligne circulaire desservant les principaux quartiers de Tokyo et empruntée chaque jour par 3,55 millions de personnes en moyenne), nous avons plongé tête la première dans la foule du Shibuya Crossing, chargées comme des mulets avec nos 5 bagages (dont deux valises de 23 kilos). J’ai découvert plus tard qu’il était en fait possible de rejoindre la gare Keio par l’intérieur sans avoir à descendre au niveau de la rue, mais cette forte entrée en matière aura au moins eu l’avantage de laisser à ma mère et ma soeur une première impression impérissable de Tokyo, qui ne se démentira pas par la suite…
Une fois les valises posées, direction le konbini pour régaler nos Messer Gaster en famine ! Au menu de notre premier dîner en famille au Japon: おにぎり (onigiri) et 肉まん (nikuman) ! Pas gastronomique certes, mais simple, bon, pas cher, et de loin parmi les aliments les plus consommés par les Japonais (et donc déclinés sous des saveurs plus ou moins originales telles que le nikuman goût pizza…). La Yamanote, le carrefour de Shibuya et les konbinis, trois choses que je considère personnellement parmi les plus emblématiques du Japon et que je voulais donc absolument leur montrer en premier  ♪(๑ᴖ◡ᴖ๑)♪
C’était déjà ça de moins sur la (très) longue liste des choses à découvrir au Japon…

Avant leur arrivée, j’avais pris soin de préparer un petit programme avec mes endroits préférés de la capitale (étant donné leur nombre, je peux vous dire que le choix fut cornélien), qui ressemblait plus ou moins à ça:

Au final, on s’est retrouvées à visiter des quartiers totalement différents de ceux que j’avais prévu et dans lesquels je n’étais pas encore retournée depuis mon premier séjour à Tokyo, notamment celui d’Asakusa (quartier traditionnel avec de nombreux temples) dans lequel nous avons passé une superbe journée ensoleillée.
Mais je ne vais pas tout déballer maintenant, d’autres articles suivront bien vite, promis ! Pour l’heure, je vous laisse avec cette vidéo qui saura, je l’espère, vous donner un petit aperçu d’un Noël à Tokyo, au milieu de toutes les illuminations, des boutiques battant leur plein, des Japonais déguisés (ici la moindre occasion de revêtir des tenues plus « informelles » est bonne à prendre), et de l’atmosphère festive et quelque peu féérique qui régnait dans les rues par ce froid mois de décembre… ᒄ₍⁽ˆ⁰ˆ⁾₎ᒃ♪♬