Kurayami Matsuri (くらやみ祭)

Le Kurayami Matsuri (Darkness Festival) à Fuchū, le 5 Mai 2015.

Mardi dernier, ma voisine italienne Rachele m’a proposé d’aller à Fuchū pour le Kurayami Matsuri (Festival des Ténèbres), au temple Ohkunitama, l’un des plus anciens de la capitale. C’était la première fois que j’assistais à un festival traditionnel, avec le défilement des immenses tambours et des mikoshi (sanctuaires portatifs), au milieu d’une foule dense et compacte, éclairée par des centaines de lanternes. Arrivées un peu en avance, nous avons pu être aux premières loges pour profiter du spectacle; mais au bout d’environ une heure, voyant que les derniers mikoshi ne se pressaient pas pour arriver, nous avons décidé de s’extirper de la foule pour profiter d’une autre caractéristique des festivals au Japon toute aussi importante, à savoir une incroyable abondance de nourriture étalée devant nos yeux dans un dédale de stands servant des mets plus alléchants les uns que les autres, et entre lesquels on se plaît à déambuler, guidés par les délicieuses effluves, comme dans un labyrinthe édénique dont on ne voudrait jamais sortir…

La cuisine japonaise… à Kyōto !

A Kyōto, nous avons vu des temples, des femmes en kimono, des arcades commerçantes labyrinthiques, de charmantes échoppes traditionnelles, des petites ruelles animées Mais nous avons aussi et surtout mangé. Beaucoup mangé.

Tout d’abord, des 焼きそば (yakisoba), au petit-déj, tous les matins (en l’occurrence c’était plutôt un brunch pour des raisons de décalage horaire et de réveil légèrement laborieux…). On les achetait fraîches par pack de 3 sachets, les faisait revenir à la poêle avec du soja et la sauce d’accompagnement et, pour moins d’un euro, on avait un délicieux repas chaud, équilibré… et même sans gluten puisque contrairement aux udons, les sobas sont faites à partir de sarrasin ! (non pas que ça ait de l’importance, mais c’était une bonne occasion de distinguer nouilles et nouilles…)
Il manquait toutefois un élément essentiel à ce petit-déjeuner pour qu’il soit totalement complet: des protéines ! Et nous trouvâmes celles-ci dans…

Les 寿司 (sushis) ! Achetés bien sûr ultra-frais au rayon traiteur du supermarché situé à deux pas de chez nous, où ils étaient faits le matin-même avant l’ouverture. Ce n’était certes pas des sushis de maîtres, mais ils étaient tout de même bien meilleurs (car réalisés avec du vrai riz à sushi, légèrement vinaigré) que la plupart des sushis qu’on trouve en France. Le plus souvent, nous mangions des 稲荷寿司 (inari-sushi, riz vinaigré enveloppé dans une poche de tofu frit) et des 巻き (makis) à la « salade de saumon » (サーモンサラダ, saamon-sarada), fourrés avec des morceaux de saumon, oeuf, avocat et concombre.
Ainsi, chaque matin, nous avions la chance de déguster un brunch parfaitement japonais, avec des sushis en entrée, des yakisoba en plat de résistance, et en guise de dessert, une bonne tasse de lait de soja chaud !

Bizarre, comme dessert ?  Et bien détrompez-vous: au Japon, le 豆乳 (tōnyū) se décline en au moins une trentaine de saveurs différentes, allant des plus « classiques » (cacao, amande, fraise…) aux plus originales (patate douce, sésame noir, flan, coca, Earl Grey, fleurs de cerisiers…). J’avoue que je n’en ai pas goûté beaucoup pour l’instant, non pas par aversion au risque, mais parce que celles que j’ai testé m’ont plus que convaincue, à savoir café, banane et bien sûr… nature ! (en particulier la version allégée à 45%)

C’était donc l’estomac bien rempli —et déjà une légère envie de dormir pour certaines…— que nous quittions chaque jour la maison aux alentours de 14 heures… Et bien que nous étions persuadées de pouvoir tenir sans problème jusqu’au dîner, nous finissions toujours par craquer pour une spécialité japonaise vendue dans les stands et petites échoppes que nous rencontrions au cours de nos visites: たこ焼き (takoyaki), コロッケ (korokke, croquette), ou bien les fameux rice crackers japonais おかき (okaki)…

Le soir, nous allions généralement au restaurant, mais nous avons aussi dîné plusieurs fois à la maison où nous nous sentions si bien (je vous la ferai visiter dans un prochain article !), en nous préparant nous-mêmes un petit festin japonais avec ce qu’on avait trouvé durant la journée, soit au supermarché voisin, soit dans les petites échoppes alentours ou découvertes par hasard en rentrant. Mais toujours avec notre accompagnement fétiche: le chou chinois ! Et après le repas, nous ne manquions jamais de prendre toutes les trois dans la cuisine notre sacro-sainte tisane  avec des biscuits au chocolat Gerblé… les deux venus directement de France, s’il vous plaît !


Mochi 餅, ou le « gâteau-tueur » du Nouvel An…

Mochi (): gâteau traditionnel à base de riz gluant obtenu selon un rite festif, et dont la texture visqueuse fait chaque année des dizaines de victimes par étouffement lors du Nouvel An.

Chaque année, les Japonais engloutissent en moyenne un kilo de ce drôle de « gâteau » pouvant se déguster sous diverses formes: salé et fondu dans une soupe (ozounizenzai), en boules saupoudrées de soja grillé (kinako mochi) ou fourrées à l’anko (daifuku mochi), ou encore en brochettes, simplement grillées ou bien recouvertes d’un caramel à base de sauce soja (dango mochi).

Il n’est pas rare de voir fabriquer des mochi en pleine rue ou en public, selon un rite assez spectaculaire puisque sa préparation (餅つき, mochi-tsuki) ne nécessite généralement pas moins de trois hommes: les deux premiers battent dans un mortier (uzu) à l’aide de pilons (kine) le riz gluant cuit à la vapeur sur un feu de bois jusqu’à que celui-ci prenne un aspect très homogène et visqueux, pendant que le troisième donne la cadence en criant « ichi, ni, san ! » car les maillets ne doivent pas s’entrechoquer, mais aussi pour que sa main ne soit écrasée lorsqu’il retourne la pâte brûlante tous les deux coups. La pâte ainsi obtenue est façonnée à la main par les femmes et les enfants à l’aide de poudre d’amidon, avant de durcir et pouvoir être conservée pendant plusieurs semaines.
Le mochi est l’ingrédient phare du shogatsu, la fête du Nouvel An: les Japonais ont tous alors chez eux un 鏡餅 (kagami mochi), qu’ils brisent et mangent une fois le Nouvel An passé (souvent alors qu’ils sont un peu pourris).

L’expression « peau de bébé » se dit au Japon « peau de mochi ». Mais ne vous fiez pas aux apparences, ce n’est pas pour rien que l’on surnomme cette pâtisserie le « gâteau-tueur« : chaque année, l’impitoyable viscosité du mochi provoque la mort par étouffement d’une dizaine de Japonais, principalement des personnes âgées à la déglutition difficile.
Avis donc aux ouvreurs d’huîtres maladroits qui liront ce post: si vous avez le malheur de passer la prochaine Saint-Sylvestre aux urgences, dites-vous qu’à l’autre bout de la planète sévit un serial killer bien plus terrible encore…

Welcome to Sushirō スシロー !

Cliquez ici pour voir le menu de ce petit coin de paradis ! 

Bienvenue dans l’un de mes lieux de prédilection et sans doute le meilleur kaiten sushi de tout le Japon, j’ai nommé… Sushirō ! Ce paradis en quelques mots:

Les restaurants de cette chaîne sont situés hors du centre-ville et souvent en bord de route, ce qui veut dire qu’on a de la place et de vraies tables pour 4 à 6 personnes avec un robinet d’eau chaude et du thé vert à volonté.
C’est un lieu très prisé par les Japonais, en particulier les familles, ce qui est toujours bon signe, même s’il faut souvent patienter pour avoir une table !

Les sushis sont préparés en continu et défilent sur un tapis roulant devant nos yeux; mais ce qui place Sushirō au-dessus des autres restaurants de kaiten sushi, c’est qu’on peut commander ce qu’on veut depuis son écran, sans que cela ne coûte plus cher que de se servir sur le tapis. Au bout de quelques minutes, notre commande arrive sur le tapis (un signal apparaît sur l’écran pour ne pas la louper), et on peut ainsi déguster des sushis ultra-frais, préparés rien que pour nous !
Le menu compte en tout 80 éléments dont la majorité sont bien sûr des sushis, mais il est aussi possible de commander de la soupe miso, des nouilles, des tempuras, voire même une salade césar… sans oublier une belle carte de desserts !

Mais le mieux reste tout de même le prix: 100¥ l’assiette, soit environ… 75 centimes d’euro ! Chacune comporte 2 sushis ou 4 makis, avec (couleur jaune) ou sans (couleur blanche) wasabi. Mais pour les plus fins gourmets, il existe aussi des « créations originales » avec du poisson plus noble vendues à peine plus chères.
A ce prix-là, on peut non seulement s’offrir un repas gargantuesque pour moins de 10€, mais on peut aussi et surtout découvrir une myriade de saveurs plus ou moins surprenantes et goûter à des poissons qu’on ne trouvera jamais en France.

Nous y sommes allées le 25 décembre avec ma mère et ma soeur, et à nous trois nous avons englouti plus d’une vingtaine d’assiettes de sushis, plusieurs de tempuras, et deux succulents desserts… Bref, un festin de rois au rapport qualité-prix imbattable puisqu’au total nous en avons eu pour environ 12€ par personne ! Alors, convaincu ? ⁽(◍˃̵͈̑ᴗ˂̵͈̑)

La « street » food japonaise

Que mes lecteurs amateurs de bonne chère se rassurent, si je n’ai jusque là pas publié beaucoup d’articles sur la cuisine nipponne,  je compte bien me rattraper dans les jours qui viennent avec un feuilleton consacré comptant moult photos et vidéos plus alléchantes et les unes que les autres !
Pour le premier épisode, j’ai choisi de commencer par la « street » food au sens large du terme, autrement dit tout ce à quoi il est atrocement difficile de résister lorsqu’on se balade dans les rues de Tokyo, tant les effluves enivrantes et la vue des gens préparant tous ces mets devant nos yeux nous met l’eau à la bouche…

Quand on évoque la cuisine japonaise, on a souvent l’image d’une cuisine chère et ultra-saine, composée quasi-essentiellement de riz et de poisson cru, et susceptible de faire vivre 120 ans les plus pécunieux d’entre nous. Il y a certes un peu de vrai dans tout ça, les Japonais consomment certainement plus de riz que de blé, et leur régime alimentaire est sans conteste bien plus équilibré que celui de nous autres, occidentaux. Mais hormis dans les très bons restaurants (qui sont aujourd’hui plus nombreux en termes d’étoiles ici qu’en France !), la cuisine japonaise est incroyablement bon marché: pour le prix de trois sushis en France, on peut ici s’offrir un véritable festin, et en ce qui concerne le menu, on a l’embarras du choix ! Pour les plus pressés, il y a bien sûr l’option konbini, où l’on trouve des aliments chauds préparés tout au long de la journée, mais également des plateaux-repas (ou 弁当, bento) tout prêts qu’on peut réchauffer sur place; ou bien on peut aussi avaler en vitesse un bol de ramen/soba/udon dans un restaurant de chaîne (souvent ouverts 24h/24, avec une machine à l’entrée pour passer commande) ou une petite échoppe de quartier (parfois si petites qu’on est debout au comptoir !). Mais si l’on a la chance d’avoir plus d’un quart d’heure de pause déjeuner et un peu plus de 500¥ (env. 3,50€) à dépenser, certains restaurants proposent le midi des menus complets à moins de 800¥ (6€), voire des formules à volonté pour à peine plus cher ! A ce prix-là, ce n’est certes pas de la grande cuisine, mais il y a de fortes chances qu’elle soit bien meilleure que ce qu’on peut trouver de nos jours dans la plupart des brasseries parisiennes…
La possibilité d’avoir un repas chaud, frais (pas du surgelé réchauffé), copieux et généralement bon pour une poignée d’euros est sans aucune hésitation l’un de mes aspects préférés du Japon, et la première idée reçue à tomber lorsque je suis arrivée.
Il faut vraiment venir ici soi-même pour se rendre compte de la richesse et la variété de la cuisine japonaise, depuis les コロッケ (korokke) que l’on voit au début de cette vidéo, aux 天ぷら (tenpura)から揚げ (karaage) et autres fritures, en passant par les brochettes 焼き鳥 (yakitori) et tous les plats de viande préparée au grill (焼肉yakiniku) ou en fondue (すき焼きsukiyaki), sans oublier bien sûr les produits de la mer dont les méthodes de préparation semblent également infinies…  (๑◔‿◔๑)

メリークリスマス ! (Merry Xmas)

Après douze jours d’absence, me voilà de retour avec plus d’articles à publier que jamais ! Il n’est en effet pas donné à tout le monde la chance incroyable de passer Noël à Tokyo et le Nouvel An à Kyoto, les deux en famille, entourée de ma mère et ma soeur venues me rendre visite. C’est exactement le genre d’évènements qu’on n’aurait jamais pu prévoir, ni même imaginer dans nos rêves les plus fous, et qu’on reçoit comme un cadeau de la vie sans trop savoir ce qu’on a bien pu semer pour le récolter. Je suis partie de France le 23 septembre et elles sont arrivées le 21 décembre au soir, cela faisait donc presque trois mois qu’on ne s’était pas vues. Trois mois qui, comme je le disais dans mon article précédent, semblent avoir passé à la vitesse de l’éclair, mais qui, lors des retrouvailles larmoyantes à l’aéroport, ressemblaient plutôt à trois ans…
Le dépaysement commença dès que nous prîmes le train pour nous rendre au petit appartement que nous avions réservé sur Airbnb, situé à Higashi-Matsubara, à seulement une dizaine de minutes de Shibuya par la Keio Line: après avoir pris la Yamanote Line (la ligne circulaire desservant les principaux quartiers de Tokyo et empruntée chaque jour par 3,55 millions de personnes en moyenne), nous avons plongé tête la première dans la foule du Shibuya Crossing, chargées comme des mulets avec nos 5 bagages (dont deux valises de 23 kilos). J’ai découvert plus tard qu’il était en fait possible de rejoindre la gare Keio par l’intérieur sans avoir à descendre au niveau de la rue, mais cette forte entrée en matière aura au moins eu l’avantage de laisser à ma mère et ma soeur une première impression impérissable de Tokyo, qui ne se démentira pas par la suite…
Une fois les valises posées, direction le konbini pour régaler nos Messer Gaster en famine ! Au menu de notre premier dîner en famille au Japon: おにぎり (onigiri) et 肉まん (nikuman) ! Pas gastronomique certes, mais simple, bon, pas cher, et de loin parmi les aliments les plus consommés par les Japonais (et donc déclinés sous des saveurs plus ou moins originales telles que le nikuman goût pizza…). La Yamanote, le carrefour de Shibuya et les konbinis, trois choses que je considère personnellement parmi les plus emblématiques du Japon et que je voulais donc absolument leur montrer en premier  ♪(๑ᴖ◡ᴖ๑)♪
C’était déjà ça de moins sur la (très) longue liste des choses à découvrir au Japon…

Avant leur arrivée, j’avais pris soin de préparer un petit programme avec mes endroits préférés de la capitale (étant donné leur nombre, je peux vous dire que le choix fut cornélien), qui ressemblait plus ou moins à ça:

Au final, on s’est retrouvées à visiter des quartiers totalement différents de ceux que j’avais prévu et dans lesquels je n’étais pas encore retournée depuis mon premier séjour à Tokyo, notamment celui d’Asakusa (quartier traditionnel avec de nombreux temples) dans lequel nous avons passé une superbe journée ensoleillée.
Mais je ne vais pas tout déballer maintenant, d’autres articles suivront bien vite, promis ! Pour l’heure, je vous laisse avec cette vidéo qui saura, je l’espère, vous donner un petit aperçu d’un Noël à Tokyo, au milieu de toutes les illuminations, des boutiques battant leur plein, des Japonais déguisés (ici la moindre occasion de revêtir des tenues plus « informelles » est bonne à prendre), et de l’atmosphère festive et quelque peu féérique qui régnait dans les rues par ce froid mois de décembre… ᒄ₍⁽ˆ⁰ˆ⁾₎ᒃ♪♬

Le marché aux poissons de Tsukiji (et ses enchères de thon!)

Vous l’attendiez avec impatience, le voici le voilà: mon article sur Tsukiji !
S’il y a bien un lieu incontournable dans Tokyo qu’il faut avoir visité au moins une fois dans sa vie, c’est sans hésiter le marché aux poissons de Tsukiji. En plus d’être l’un des plus grands au monde, il est surtout connu pour ses fameuses enchères de thons rouges, durant lesquelles il n’est pas rare de voir les poissons s’arracher à plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’euros (en yens, les montants se chiffrent en millions !). C’est aussi là que l’humanité se sépare en deux catégories: d’un côté, ceux qui prendront leur courage à deux mains et affronteront le froid pénétrant d’une nuit noire sans sommeil pour arriver sur les lieux bien avant l’aube et voir les fameuses enchères (c’est-à-dire avant 4 heures du matin); de l’autre, ceux qui se pointeront tranquilou après 8 heures pour manger des sushis au petit-déj. Comme je suis une warrior, je décidai de faire partie de la première catégorie et me pointai donc à 3h30 pile au lieu indiqué, plus fraîche après ma nuit blanche au manga café que les gigantesques thons qu’on s’apprêtait à vendre. Aussi incroyable que cela puisse paraître, soixante personnes étaient déjà là avant moi, et je fus donc placée dans le deuxième groupe, celui de 5h50. Car oui, mon attente était encore loin de se terminer: à mon arrivée, on me donna un gilet vert, fameux sésame sans lequel nul ne peut pénétrer dans la salle aux enchères, et on me fit asseoir à même le sol dans une petite salle plutôt frisquette, où je dus patienter durant près de deux heures et demi…
La question que vous vous posez sûrement, et que je me suis moi-même posée après-coup, est bien sûr: est-ce que tout cela valait le coup? Après réflexion, je répondrais tout de même oui. Mais soyons honnête, je suis contente (et assez fière, il faut le dire) d’avoir fait partie, en cette froide matinée du 22 novembre 2014, des 120 privilégiés ayant pu assister aux enchères de thons , mais il faudra se montrer très convaincant pour que j’accepte de renouveler l’expérience…
5h50: Tsukiji m’ouvre enfin ses portes. On nous guide parmi les vrombissements des engins roulant à toute allure vers la salle des enchères, où s’étalent devant nos yeux ahuris des dizaines et des dizaines de thons, dont la taille varie à peu près entre 80 et 160 cm. Chacun est scrupuleusement examiné par les acheteurs potentiels, qui en prélèvent de petites boules de chair congelée qu’ils réchauffent entre leur main afin d’évaluer le taux de graisse, principal indicateur de la qualité du poisson. Lorsque la cloche retentit, c’est le signal qu’une série d’enchères commence: toute la salle s’emplit alors des cris, ou plus exactement des « chants » des commissaires-priseurs, qui se livrent également à des chorégraphies plus ou moins sportives en apercevant des mains se lever parmi la foule des enchérisseurs silencieux. Dès qu’une vente est conclue, le thon est emmené, et la planche sur laquelle il se trouvait immédiatement nettoyée. C’est ce qui explique l’une des particularités du marché aux poissons de Tsukiji: il sent étonnamment bon. Les produits y sont tellement frais et la propreté tellement irréprochable que l’odeur de poisson s’y fait à peine sentir.

A 6h15, les dernières ventes se concluent et l’on nous fait sortir de la salle pour nous amener faire un tour parmi les étals du marché qui bat désormais son plein. Entre les guides qui nous font marcher au pas de course et les engins klaxonnant à tout va et toujours à deux doigts de nous écraser, la visite prend parfois des allures de parcours du combattant; mais je peux vous dire qu’on en ressort avec les joues certes un peu rouges et des yeux de merlans frits mais, comme diraient les Anglais, « heureux comme une palourde » !  (☆^O^☆)