Kurayami Matsuri (くらやみ祭)

Le Kurayami Matsuri (Darkness Festival) à Fuchū, le 5 Mai 2015.

Mardi dernier, ma voisine italienne Rachele m’a proposé d’aller à Fuchū pour le Kurayami Matsuri (Festival des Ténèbres), au temple Ohkunitama, l’un des plus anciens de la capitale. C’était la première fois que j’assistais à un festival traditionnel, avec le défilement des immenses tambours et des mikoshi (sanctuaires portatifs), au milieu d’une foule dense et compacte, éclairée par des centaines de lanternes. Arrivées un peu en avance, nous avons pu être aux premières loges pour profiter du spectacle; mais au bout d’environ une heure, voyant que les derniers mikoshi ne se pressaient pas pour arriver, nous avons décidé de s’extirper de la foule pour profiter d’une autre caractéristique des festivals au Japon toute aussi importante, à savoir une incroyable abondance de nourriture étalée devant nos yeux dans un dédale de stands servant des mets plus alléchants les uns que les autres, et entre lesquels on se plaît à déambuler, guidés par les délicieuses effluves, comme dans un labyrinthe édénique dont on ne voudrait jamais sortir…

Tokyo sous la neige

Le mois de janvier touche à sa fin et l’hiver semble s’être définitivement installé à Tokyo, sous la neige depuis hier matin… Le temps file ici à une vitesse incroyable, entre mes cours à l’université, mes cours particuliers de français et ma préparation pour les concours d’admission aux écoles de commerce en avril prochain. J’ai du mal à croire que je m’envolerai pour le Vietnam dans une vingtaine de jours, puis retournerai en France pendant un mois. Et lorsque je reviendrai ici vers le 20 avril, le printemps sera déjà là et la saison des cerisiers en fleur probablement terminée. Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, le deuxième semestre arrivera à sa fin et il sera temps pour moi de « rentrer à la maison ». Rentrer à la maison… une drôle d’expression qui n’a jamais eu aussi peu de sens à mes yeux qu’aujourd’hui, car si « maison » il devait y avoir, ce serait sans aucune hésitation celle où j’habite maintenant: Tokyo. Tout n’est bien sûr pas parfait dans cette maison, il y a parfois des fuites, des tuiles cassées, l’herbe du voisin qui paraît plus verte. Mais malgré ces tracas sporadiques, je m’y sens en sécurité car j’ai l’impression de l’avoir bâtie de mes propres mains, jour après jour, brique par brique, et que ses fondations sont aujourd’hui plus solides que jamais. Cependant, j’ai conscience que rien n’est définitivement acquis et que c’est le travail d’une vie de faire en sorte qu’elles le restent toujours, en ne cessant jamais de les protéger et d’en bâtir d’autres pour consolider l’édifice. Si l’expression « rentrer à la maison » revêt si peu de sens à mes yeux, c’est parce qu’il n’existe à mon avis aucune maison nulle part: la seule maison qu’il y a, c’est celle que nous portons sur notre dos, où que nous allions. C’est celle dont nous avons posé la première pierre le jour de notre naissance et que nous passons ensuite la vie entière à construire. Après avoir été au Havre pendant deux ans, la mienne est aujourd’hui à Tokyo, et j’ignore où elle sera demain. Capacité d’adaptation ou bien optimisme béat ? Peut-être un peu des deux, mais toujours est-il qu’il n’existe pas de nid naturellement douillet, et qu’il ne tient qu’à nous de nous sentir à la maison où que nous soyons.

J’ai malheureusement moins le temps d’écrire en raison de ma préparation aux concours, mais un article (très) alléchant sur ce que ma mère, ma soeur et moi avons pu déguster à Kyoto est en préparation, car tout le monde sait que le meilleur moyen de se tenir chaud durant l’hiver, c’est bien sûr… de manger !  (○^ω^)_旦~~♪

Il y a vingt ans, à 9 712 km d’ici…

Hier, une amie anglaise m’a fait remarquer que je vivais mon dernier jour d’adolescence. Qu’est-ce que ça fait de se réveiller sans « -teen » dans son âge et avec une décennie de plus au compteur ? Et bien pas grand chose, finalement. Comme un matin sur deux, je suis allée courir dans les parcs environnants; et comme tous les matins, je me suis dit que si le bonheur avait une saveur et une texture, ce serait celles du café que je sirote lentement sur mon balcon. Certains disent qu’on reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en s’en allant. Ce serait oublier la moitié de l’histoire: ces personnes n’ont simplement pas tendu l’oreille pour l’entendre venir.
En français, on a coutume de dire qu’on a « la vie devant soi », mais je trouve cette expression un peu passive et préfère de loin son équivalent anglais: life awaits. J’aime cette idée que la Vie nous attende, qu’elle soit impatiente que nous lui tendions la main afin de recevoir tout ce qu’elle a à nous offrir. J’aime aussi l’idée qu’il n’y ait pas de sens dans la version anglaise, car la vie se trouve tout aussi bien devant que derrière nous.
La mienne a commencé il y a 20 ans à 9 711,65 kilomètres d’ici. J’ai donc, littéralement, parcouru un bon bout de chemin avant d’en arriver là où je suis. Qu’est-ce que « là » signifie ? J’en sais trop rien. Par moments, je ne suis même pas certaine que cet endroit se trouve sur Terre… Mais si vous voulez absolument une réponse, vous pouvez jeter un coup d’oeil aux photos de cet article. C’est le parc par lequel je passe en faisant mon footing. Si vous trouvez ça beau, alors c’est ce que pourrait bien signifier « là ». 。◕‿◕。

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Tour d’horizon de ma chambre et du campus de « TUFS » !

L’avantage des typhons —s’il fallait en trouver un— c’est que juste après leur passage, il fait un temps absolument fantastique. C’était donc l’occasion ou jamais de faire une chose que je voulais faire depuis très longtemps: vous faire visiter la Tokyo University of Foreign Studies en vidéo… et en bicyclette ! J’en ai également profité pour filmer ma chambre, un petit bout de la résidence (dont le local poubelle, vous comprendrez pourquoi), ainsi que le grand bâtiment où ont lieu mes cours en anglais. Bonne visite ! \\\ ٩(๑❛ワ❛๑)و ////
(En-dessous de la vidéo, quelques photos supplémentaires !)

Le Temple de Jindai-ji (深大寺)

Depuis que je suis arrivée au Japon, j’ai pas mal exploré les environs avec ma bicyclette, repérant ainsi où faire mon jogging, où faire mes courses, où aller au resto sans se ruiner… Je suis donc incollable sur le « Tokyo pratique », mais en ce qui concerne le « Tokyo traditionnel », j’ai encore de grosses lacunes à combler. Par chance, l’autre étudiante de Sciences Po Paris en échange à TUFS s’intéresse particulièrement à cette façade du Japon, qui se situe à des années lumières de l’extravagance de Shibuya et que les étrangers résument bien souvent à l’immense Bouddha vert de Kamakura. Cet après-midi, nous sommes donc allées voir un temple à seulement une quinzaine de minutes à vélo du campus, appelé 深大寺 (じんだいじ, jindai-ji). Je viens juste d’aller faire des recherches, et il se trouve qu’avec ses plus de 1200 ans d’existence, il est le deuxième plus ancien de Tokyo, après le Sensō-ji d’Akasuka ! On trouve tout autour de très nombreux restaurants spécialisés en soba, que je ne tarderai sans doute pas à essayer…

C’était le premier temple que je visitais depuis mon arrivée, et ce ne sera sans doute pas le dernier. Ces lieux sont bien sûr incomparables avec nos églises et cathédrales « européennes », mais si je devais choisir un lieu où me recueillir, ce serait définitivement dans l’un de ses temples, car il règne une quiétude vraiment indescriptible dans ces lieux à la beauté épurée et au charme discret. Pas de sculptures de martyrs ni de sermons sur les murs, pas de tableaux bibliques poussiéreux, pas d’odeurs de bougie étouffantes… Juste le bruit de l’eau, des ruisseaux qui s’écoulent paisiblement derrière les feuillages, et un parfum mêlé de bois, de pierre et de rosée…

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A part ça, pour les petites nouvelles, je suis officiellement devenue assistante de professeur de français à TUFS ! Mon job consistera simplement à assister au cours de Madame Nakao et aider ses élèves de deuxième année en corrigeant leurs traductions, selon ce qu’un « vrai » Français dirait dans ces cas-là… J’avais entendu parler de ce poste dans les rapports des élèves de Sciences Po, et en plus d’être un peu rémunéré, il me permettra probablement de faire pas mal de progrès en japonais (grammaticalement parlant, mais surtout dans le fait de comprendre leur façon de penser et d’enseigner une langue étrangère). Je suis toujours un peu surprise lorsqu’une personne autour de moi s’exclame « qu’est-ce que c’est beau ! » en m’entendant parler avec un autre Français. J’ai toujours eu conscience de ma chance d’avoir comme langue maternelle la plus belle langue du monde, mais être à l’étranger me le rappelle tous les jours. Il faut voir les étoiles qui brillent dans les yeux des Japonais lorsqu’ils entendent parler la langue de Molière…

Demain, je vais au Musée National de Tokyo pour le « Cultural Exchange Day » (entrée gratuite pour les étudiants étrangers!), et j’en profiterai pour me balader autour du parc d’Ueno. Je ne sais pas jusqu’où mes petites jambes me mèneront, mais je compte bien en profiter un maximum avant que le giga-typhon Vongfong (faut croire que celui d’avant était un entraînement…) ne débarque !

Pour finir cette article sur une petite touche sucrée, voici une photo de mon dessert du jour, à la patate douce et à la châtaigne !   (っ˘ڡ˘ς)