La « street » food japonaise

Que mes lecteurs amateurs de bonne chère se rassurent, si je n’ai jusque là pas publié beaucoup d’articles sur la cuisine nipponne,  je compte bien me rattraper dans les jours qui viennent avec un feuilleton consacré comptant moult photos et vidéos plus alléchantes et les unes que les autres !
Pour le premier épisode, j’ai choisi de commencer par la « street » food au sens large du terme, autrement dit tout ce à quoi il est atrocement difficile de résister lorsqu’on se balade dans les rues de Tokyo, tant les effluves enivrantes et la vue des gens préparant tous ces mets devant nos yeux nous met l’eau à la bouche…

Quand on évoque la cuisine japonaise, on a souvent l’image d’une cuisine chère et ultra-saine, composée quasi-essentiellement de riz et de poisson cru, et susceptible de faire vivre 120 ans les plus pécunieux d’entre nous. Il y a certes un peu de vrai dans tout ça, les Japonais consomment certainement plus de riz que de blé, et leur régime alimentaire est sans conteste bien plus équilibré que celui de nous autres, occidentaux. Mais hormis dans les très bons restaurants (qui sont aujourd’hui plus nombreux en termes d’étoiles ici qu’en France !), la cuisine japonaise est incroyablement bon marché: pour le prix de trois sushis en France, on peut ici s’offrir un véritable festin, et en ce qui concerne le menu, on a l’embarras du choix ! Pour les plus pressés, il y a bien sûr l’option konbini, où l’on trouve des aliments chauds préparés tout au long de la journée, mais également des plateaux-repas (ou 弁当, bento) tout prêts qu’on peut réchauffer sur place; ou bien on peut aussi avaler en vitesse un bol de ramen/soba/udon dans un restaurant de chaîne (souvent ouverts 24h/24, avec une machine à l’entrée pour passer commande) ou une petite échoppe de quartier (parfois si petites qu’on est debout au comptoir !). Mais si l’on a la chance d’avoir plus d’un quart d’heure de pause déjeuner et un peu plus de 500¥ (env. 3,50€) à dépenser, certains restaurants proposent le midi des menus complets à moins de 800¥ (6€), voire des formules à volonté pour à peine plus cher ! A ce prix-là, ce n’est certes pas de la grande cuisine, mais il y a de fortes chances qu’elle soit bien meilleure que ce qu’on peut trouver de nos jours dans la plupart des brasseries parisiennes…
La possibilité d’avoir un repas chaud, frais (pas du surgelé réchauffé), copieux et généralement bon pour une poignée d’euros est sans aucune hésitation l’un de mes aspects préférés du Japon, et la première idée reçue à tomber lorsque je suis arrivée.
Il faut vraiment venir ici soi-même pour se rendre compte de la richesse et la variété de la cuisine japonaise, depuis les コロッケ (korokke) que l’on voit au début de cette vidéo, aux 天ぷら (tenpura)から揚げ (karaage) et autres fritures, en passant par les brochettes 焼き鳥 (yakitori) et tous les plats de viande préparée au grill (焼肉yakiniku) ou en fondue (すき焼きsukiyaki), sans oublier bien sûr les produits de la mer dont les méthodes de préparation semblent également infinies…  (๑◔‿◔๑)

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メリークリスマス ! (Merry Xmas)

Après douze jours d’absence, me voilà de retour avec plus d’articles à publier que jamais ! Il n’est en effet pas donné à tout le monde la chance incroyable de passer Noël à Tokyo et le Nouvel An à Kyoto, les deux en famille, entourée de ma mère et ma soeur venues me rendre visite. C’est exactement le genre d’évènements qu’on n’aurait jamais pu prévoir, ni même imaginer dans nos rêves les plus fous, et qu’on reçoit comme un cadeau de la vie sans trop savoir ce qu’on a bien pu semer pour le récolter. Je suis partie de France le 23 septembre et elles sont arrivées le 21 décembre au soir, cela faisait donc presque trois mois qu’on ne s’était pas vues. Trois mois qui, comme je le disais dans mon article précédent, semblent avoir passé à la vitesse de l’éclair, mais qui, lors des retrouvailles larmoyantes à l’aéroport, ressemblaient plutôt à trois ans…
Le dépaysement commença dès que nous prîmes le train pour nous rendre au petit appartement que nous avions réservé sur Airbnb, situé à Higashi-Matsubara, à seulement une dizaine de minutes de Shibuya par la Keio Line: après avoir pris la Yamanote Line (la ligne circulaire desservant les principaux quartiers de Tokyo et empruntée chaque jour par 3,55 millions de personnes en moyenne), nous avons plongé tête la première dans la foule du Shibuya Crossing, chargées comme des mulets avec nos 5 bagages (dont deux valises de 23 kilos). J’ai découvert plus tard qu’il était en fait possible de rejoindre la gare Keio par l’intérieur sans avoir à descendre au niveau de la rue, mais cette forte entrée en matière aura au moins eu l’avantage de laisser à ma mère et ma soeur une première impression impérissable de Tokyo, qui ne se démentira pas par la suite…
Une fois les valises posées, direction le konbini pour régaler nos Messer Gaster en famine ! Au menu de notre premier dîner en famille au Japon: おにぎり (onigiri) et 肉まん (nikuman) ! Pas gastronomique certes, mais simple, bon, pas cher, et de loin parmi les aliments les plus consommés par les Japonais (et donc déclinés sous des saveurs plus ou moins originales telles que le nikuman goût pizza…). La Yamanote, le carrefour de Shibuya et les konbinis, trois choses que je considère personnellement parmi les plus emblématiques du Japon et que je voulais donc absolument leur montrer en premier  ♪(๑ᴖ◡ᴖ๑)♪
C’était déjà ça de moins sur la (très) longue liste des choses à découvrir au Japon…

Avant leur arrivée, j’avais pris soin de préparer un petit programme avec mes endroits préférés de la capitale (étant donné leur nombre, je peux vous dire que le choix fut cornélien), qui ressemblait plus ou moins à ça:

Au final, on s’est retrouvées à visiter des quartiers totalement différents de ceux que j’avais prévu et dans lesquels je n’étais pas encore retournée depuis mon premier séjour à Tokyo, notamment celui d’Asakusa (quartier traditionnel avec de nombreux temples) dans lequel nous avons passé une superbe journée ensoleillée.
Mais je ne vais pas tout déballer maintenant, d’autres articles suivront bien vite, promis ! Pour l’heure, je vous laisse avec cette vidéo qui saura, je l’espère, vous donner un petit aperçu d’un Noël à Tokyo, au milieu de toutes les illuminations, des boutiques battant leur plein, des Japonais déguisés (ici la moindre occasion de revêtir des tenues plus « informelles » est bonne à prendre), et de l’atmosphère festive et quelque peu féérique qui régnait dans les rues par ce froid mois de décembre… ᒄ₍⁽ˆ⁰ˆ⁾₎ᒃ♪♬

Panoramas de Tokyo (1)

Juste avant d’aller déjeuner en famille dans un très sympathique buffet japonais près d’Ueno, je suis montée au 25ème étage du Bunkyo Civic Center afin de profiter (gratuitement) d’une des plus belles vues sur la capitale nippone. On ne le voit pas sur les photos, mais quelques montagnes apparaissaient à l’horizon. Les Japonais se sont déjà mis à l’heure d’Halloween, mais en ce qui concerne la météo, on se croirait presque encore en été. Comme d’habitude, j’ai passé tout l’après-midi à me balader dans Tokyo (avec ma cousine, on a plus ou moins refait mon itinéraire de la dernière fois entre Ueno, Nezu et Sendagi, et plutôt deux fois qu’une puisqu’on s’est bien sûr paumées en chemin…). En rentrant le soir, je me suis attardée un peu à Kichijoji, là où je vais en vélo prendre le train, et me suis achetée mon deuxième taiyaki  —je compte parce qu’au 20ème, j’en aurai un gratuit !— fourré cette fois-ci au potiron. La folie d’Halloween a dû me monter à la tête, mais la prochaine fois c’est sûr, je retourne à l’anko…

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La pâte de haricots azuki (餡子)

S’il existe un aliment ici qu’on ne trouve pas du tout en France, c’est bien l’anko, la fameuse pâte de haricots azuki, reconnaissable à sa couleur rouge foncé. Les Japonais en raffolent et l’utilisent dans de nombreuses pâtisseries. Parmi les plus connues:

Il est assez difficile de décrire le goût de cette « pâte violette », disons qu’il s’agit simplement d’une pâte sucrée dont la texture est plus agréable en bouche qu’elle n’en a l’air. Je parle de l’anko « pur », comme les Japonais rajoutent souvent des fruits ou de la crème fouettée dans le fourrage de toutes ces pâtisseries…

Durant ma ballade d’hier à Ueno, je suis tombée sur une échoppe tenue par un vieux couple, qui vendait de ces pâtisseries l’anko, préparées juste sous nos yeux et pour 100円 seulement. Encore chaude, c’est une merveille en bouche… ( ᵕ́ૢ‧̮ᵕ̀ૢ)‧̊·*

Un samedi à Ueno

Aujourd’hui avait lieu le Cultural Exchange Day for Foreign Students à Tokyo ! Pour l’occasion, j’ai pu visiter gratuitement le Musée National de Tokyo, situé dans le quartier d’Ueno, à l’intérieur même du parc éponyme. C’est le musée le plus ancien du Japon et qui présente également les collections les plus riches: 114 000 oeuvres au total, visant à faire connaître le patrimoine culturel, artistique et archéologique du Japon et de l’Orient. Le musée en lui-même est somptueux (quoiqu’un peu sombre par moments), et mon seul regret est de n’avoir pas pu participer à une cérémonie du thé (les deux sessions de la journée furent malheureusement prises d’assaut), qui m’aurait permis de visiter les jardins et le pavillon à thé. Pour me rendre jusqu’au musée, j’ai bien sûr traversé le parc d’Ueno, qui renferme notamment le plus vieux zoo du Japon, un grand étang (envahi de pédalos), de nombreux temples, et d’autres musées tels que le National Museum of Western Art. Comme la dernière fois près du parc Yoyogi, je suis tombée pile le jour d’une manifestation au parc Ueno: une sorte de brocante où se vendaient de la belle vaisselle, du mobilier en bois foncé, des spécialités culinaires, etc. Après la visite du musée, j’ai voulu aller explorer un peu les environs et, manque de pot, j’ai atterri dans l’un des quartiers les plus moches et inintéressants de la capitale, à droite du parc d’Ueno et en dehors du cercle de la Yamanote Line (la fameuse ligne de train qui fait une boucle autour du centre de Tokyo et dessert les quartiers principaux). Je suis donc revenue sur mes pas pour prendre la rue du musée dans l’autre sens, et mes pas m’ont mené dans des rues pleines de charme, avec des petits temples cachés entre deux maisons et des écoles primaires en fête… Juste devant la station de métro Sendagi, il y avait une petite échoppe tenue par un vieux couple, qui vendait des gâteaux à la fameuse pâte de haricots rouges (article à venir dessus très prochainement !), et plein de cafés, salons de thé et pâtisseries en tous genres. Il est sûr et certain que je retournerai vite dans ce coin…

Cette promenade m’a fait retombée sur le parc d’Ueno (côté étang), que j’ai donc longé un moment jusqu’à tourner à droite pour rejoindre le quartier… d’Akihabara ! Je n’en dis pas plus pour l’instant, ce quartier mérite définitivement un article pour lui tout seul, vous comprendrez bientôt pourquoi…

Pour rentrer, j’avais prévu de prendre le train à la station Kenda, mais la lumière du soir qui tombe était tellement belle que je n’ai pas pu m’arrêter et ai continué ma route jusqu’à la station d’après, Ochanomizu, à laquelle j’étais descendue à l’aller. Tout autour, il y a beaucoup d’universités, donc pas mal de petits restos sympas, mais c’est surtout le quartier des magasins de sports de montagne (ski/snowboard notamment), et des instruments de musique: dans la même rue, il y avait au moins une dizaine de magasins de musique les uns à côté des autres !

Ainsi s’est finie ma deuxième longue journée d’exploration dans Tokyo: un savant mélange d’art, de verdure, et de découvertes culinaires. Bref, que du bonheur :) Et pas mal d’articles à rédiger dans les jours qui viennent… En attendant, je finis celui-ci avec la traditionnelle « vidéo retraceuse de route » !