J’ai testé… un simulateur de tremblements de terre

Vendredi dernier fut une journée bien remplie ! Je devais retrouver mon oncle pour déjeuner au Mont St-Michel mais, étant arrivée au restaurant avec plus de deux heures d’avance (c’est ce qu’on appelle être d’une ponctualité irréprochable —ou bien ne plus savoir quoi faire pour procrastiner), j’ai décidé de marcher jusqu’à Ikebukuro pour enfin tester le simulateur de séisme au Life Safety Learning Center.

J’ai oublié de vous dire, mais il y a maintenant deux semaines de cela, j’ai vécu mon premier tremblement de terre au Japon ! J’étais en plein cours de japonais (celui du mercredi enseigné par une grand-mère et centré principalement sur la grammaire, donc assez soporifique par moments…), quand soudain nous avons tous ressenti une secousse, très très légère mais tout de même suffisamment forte pour réveiller les moins assidus de la classe. Ce fut donc un tout petit séisme de rien du tout, mais le plus drôle, c’est que la semaine précédente, nous avons eu un « earthquake drill » à l’université: à 11h30, le signal a été donné pour que nous nous réfugions tous sous les tables, pendant que les haut-parleurs diffusaient le pire bruitage de séisme de l’univers pendant environ une minute. Puis il a fallu qu’on envoie dans la demi-heure qui suivit un mail avec notre nom et notre numéro d’étudiant à l’adresse spécialement conçue pour ce genre d’exercice. Je n’ai pas été vraiment convaincue par l’utilité de ce dernier (tout le monde savait déjà qu’en cas de séisme la première chose à faire est de s’abriter sous sa table), mais c’était tout de même une expérience intéressante à vivre, autant pour son contenu que pour l’importance qu’elle revêt aux yeux des Japonais (des annonces ont été placardées dans toute l’université au moins deux semaines avant).

Mais parlons maintenant de la beaucoup plus sérieuse simulation du Life learning safety center, durant laquelle j’ai pu expérimenté un vrai séisme de magnitude 6 sur l’échelle de Richter. Pour le coup, c’était vraiment impressionnant, il m’a fallu bien m’accrocher au pied de la table pour ne pas finir écrasée contre les barrières ! Heureusement que j’étais totalement seule, car les groupes doivent se sentir un peu serrés sous le bureau…
La secousse n’a duré environ qu’une minute, mais ce fut assez pour me conforter dans ma certitude que le temps ne s’écoule vraiment pas à la même vitesse selon le contexte…
J’étais bien contente, en me dirigeant toute chancelante vers la sortie, de penser à la bonne galette que j’allais manger pour me remettre de mes émotions ! (๑^ں^๑)

Anniversaire au Mont St-Michel

Hier midi, j’ai fêté mon anniversaire en famille dans le meilleur restaurant français de Tokyo: celui de mon oncle ! Il est situé à la sortie de la station Mejiro (目白, littéralement « oeil blanc »), au nord-ouest de la Yamanote Line qui fait le tour de Tokyo.
Il y a en fait, non pas un, mais plutôt deux restaurants: Le Mont St-Michel au rez-de-chaussée, qui était originellement une crêperie mais a monté en gamme avec l’arrivée d’une nouvelle équipe en cuisine qui a remplacé petit à petit les galettes du menu par des plats plus « bistronomiques »; et Le Terroir à l’étage, un restaurant-bar à vin beaucoup plus select et ouvert seulement le soir. Bien que le premier soit plus abordable que le deuxième, les deux se placent volontairement au-dessus des prix moyens observés dans les restaurants japonais. Pour 500円, on vous servira un énorme bol de gyudon chez Yoshinoya, mais seulement une crêpe au sucre/caramel/chocolat/confiture au Mont St-Michel. Peut-on vraiment comparer ? Bien sûr que non, mais vous avez désormais une idée de la haute image qu’ont les Japonais de la cuisine française, et de ce qu’ils sont prêts à débourser pour s’en régaler les papilles. Et je peux vous dire qu’au Mont St-Michel, ils en ont pour leur argent, les photos vous le diront mieux que moi:

Un samedi à Shinjuku

Pour ma traditionnelle exploration du week-end, j’avais prévu d’aller au Ikebukuro Life Safety Learning Center pour expérimenter un séisme de magnitude 7, mais la météo désastreuse m’a malheureusement fait revoir mes projets… Après être arrivée à Shinjuku, j’ai donc commencé à marcher vers Ikebukuro (non sans avoir erré pendant une vingtaine de minutes autour de la station pour trouver la bonne route qui allait vers le Nord), jusqu’à que la pluie ne me force à rebrousser chemin au niveau de l’université de Waseda. Pour la énième fois depuis que je suis au Japon, je me suis retrouvée trempée jusqu’aux os après avoir volontairement laissé mon parapluie chez moi en pensant naïvement que, si pluie il y avait, elle finirait toujours par s’arrêter un moment ou un autre… Et bien non, au Japon, la pluie ne s’arrête jamais. Ou alors il y a vraiment un être pernicieux et satanique au-dessus des nuages, qui s’empresse de vider ces derniers de leur eau dès que j’ai le malheur de sortir sans parapluie… Bref, j’ai donc dû me réfugier dans une station de métro, dont j’ai chopé le wi-fi gratuit pour glander sur mon portable en attendant (en vain) que la pluie ne s’arrête… Pendant plus d’une heure, j’ai ainsi trimardé de refuge en refuge: tantôt un konbini, tantôt une librairie, tantôt un Don Quijote
D’ailleurs, je souhaiterais m’arrêter quelques instants sur ce dernier point, parce que j’ai profité de mon oisiveté forcée pour y chercher les trucs les plus WTF qu’on peut y trouver, et le résultat est assez… Enfin, les photos parleront mieux que moi.

Dans mes pérégrinations, j’ai tout de même eu la chance de découvrir deux quartiers très sympas que j’ai vraiment hâte de revenir explorer prochainement: tout d’abord, le quartier coréen (Korea town) autour de Shin-okubo, rempli de petits restaurants et de boutiques pour fans de « K-pop », dramas et tout autre élément de la culture populaire coréenne; puis ensuite le quartier de Kabukicho, surnommé le quartier rouge de Shinjuku en raison de ses nombreux « cabarets » et autres lieux de divertissements pour messieurs (il est peu recommandé de s’y promener seule la nuit, mais il est très agréable de déambuler la journée dans ses nombreuses ruelles, dans lesquelles flottent comme un parfum de mystère et d’interdit…). J’avoue que sans ces deux découvertes tout à fait fortuites, ma journée aurait été un vrai fiasco, car non seulement la pluie ne s’est pas arrêtée (et mon coupe-vent Uniqlo n’est malheureusement pas devenu imperméable entre-temps), mais en plus l’amie que je devais retrouver à Shibuya n’est pas venue au rendez-vous pour diverses raisons, donc j’ai attendu telle une âme en peine devant la statue Hachiko, au milieu des écrans géants diffusant en boucle les mêmes musiques débiles, pour finalement décider de m’en aller au bout de tout de même trois quarts d’heure… Je peux vous dire qu’en traversant le méga-carrefour, j’ai repoussé toutes les limites de la grognasserie en en envoyant valser plus d’un dans le décor… C’est donc l’esprit un peu échauffé et les narines légèrement dilatées que je revins vers Shinjuku en longeant le parc de Yoyogi et les rails de la Yamanote Line. Quand j’arrivai là-bas, il était aux alentours de 17h et la nuit commençait déjà à tomber. J’ai déambulé pendant plus d’une heure, sentant ma mauvaise humeur disparaître au fur à mesure que je m’enfonçais dans ce dédale de rues colorées, dans ce labyrinthe de parfums et d’odeurs enivrantes…
Il est difficile de comparer Shinjuku à Shibuya: ce sont deux atmosphères totalement différentes, mais tout aussi grisantes l’une que l’autre; deux atmosphères totalement indescriptibles qui, peu importe le nombre de fois où l’on aura été plongé dedans, nous apparaîtront à jamais mystérieuses et fascinantes…
Il me reste encore tant de choses à voir du Japon, mais à chaque fois que je me retrouve au milieu de la foule à Shinjuku ou Shibuya, j’ai le sentiment que je pourrais mourir à l’instant même d’un arrêt cardiaque et n’avoir aucun regret, car toute l’Energie du monde semble concentrée en ces lieux, et la Vie qui m’entoure, me submerge, me paraît plus que jamais être la seule à valoir d’être vécue.